Boogie
Réalisé par Radu Muntean (2009)
Drame
| Durée | 103 minutes |
| Sortie | 17/06/2009 |
| Note | 6/10 |
Pour le week-end du 1er mai, Bogdan a emmené sa femme Smaranda et son fils de trois ans Adrian sur la côte de la mer Noire. Trop pris par son travail d'entrepreneur en menuiserie, il espère pouvoir passer du temps avec sa famille et se reposer pendant ces petites vacances. Mais le deuxième jour de leur séjour, il croise par hasard Sorin, un ami de lycée, qui accueille Vali, un autre ami d'antan. Le soir, les trois copains fêtent leurs retrouvailles, au grand dam de Smaranda, qui se sent délaissée.
La critique
Par Tootpadu 27/05/2009
Alors qu'il ne se passe pratiquement rien pendant le jour et la nuit que dure l'intrigue de ce film roumain, il en émane une tension palpable tout à fait fascinante. Peut-être cette attente déçue de voir la tragédie faire brutalement irruption dans l'existence de ce jeune père est-elle due à trop de films, qui ont emprunté par le passé cette route scénaristique en fin de compte facile ? Toujours est-il que l'impact dramatique est d'autant plus important que Bogdan n'a plus rien de palpitant à attendre de sa vie.
Assis entre deux chaises, celle de la nostalgie des soirées folles entre potes et celle des responsabilités familiales incontournables, ce personnage pas encore tout à fait résigné ne paraît guère tirer de plaisir ni de l'un, ni de l'autre. Il aborde ce carrefour crucial de son existence, qui l'ammènera sans aucun doute vers l'âge adulte et in extremis vers la vieillesse, avec une nonchalance, qui n'est que la manifestation la plus prudente de la révolte. Le pion des désirs d'adolescents attardés et des exigences parentales, Boogie tente en vain de faire bonne mine aux scènes de ménage et aux sorties bien arrosées qu'on lui inflige. Mais sa passivité le conduira inexorablement à une vie faite de compromis, aussi terne et pourtant authentique que le quotidien de la plupart des hommes.
La mise en scène de Radu Muntean adopte largement ce point de vue observateur, qui attend que les choses arrivent avant de réagir. Souvent à distance des personnages, la caméra ne révèle qu'indirectement les implications sociales de leur comportement. Bien qu'ils répondent essentiellement au rôle que notre civilisation leur impose (la mère poule, les copains ratés, le père tiraillé entre les dernières irruptions d'immaturité et ses obligations familiales), les personnages brillent par la sincérité de leur banalité. Le jeu modéré de Dragos Bucur et d'Anamaria Marinca, méconnaissable depuis 4 mois, 3 semaines et 2 jours, rendent cette histoire, qui se sert pour une fois du cadre des vacances pour provoquer les antagonismes et les frustrations, encore plus intriguante.
Assis entre deux chaises, celle de la nostalgie des soirées folles entre potes et celle des responsabilités familiales incontournables, ce personnage pas encore tout à fait résigné ne paraît guère tirer de plaisir ni de l'un, ni de l'autre. Il aborde ce carrefour crucial de son existence, qui l'ammènera sans aucun doute vers l'âge adulte et in extremis vers la vieillesse, avec une nonchalance, qui n'est que la manifestation la plus prudente de la révolte. Le pion des désirs d'adolescents attardés et des exigences parentales, Boogie tente en vain de faire bonne mine aux scènes de ménage et aux sorties bien arrosées qu'on lui inflige. Mais sa passivité le conduira inexorablement à une vie faite de compromis, aussi terne et pourtant authentique que le quotidien de la plupart des hommes.
La mise en scène de Radu Muntean adopte largement ce point de vue observateur, qui attend que les choses arrivent avant de réagir. Souvent à distance des personnages, la caméra ne révèle qu'indirectement les implications sociales de leur comportement. Bien qu'ils répondent essentiellement au rôle que notre civilisation leur impose (la mère poule, les copains ratés, le père tiraillé entre les dernières irruptions d'immaturité et ses obligations familiales), les personnages brillent par la sincérité de leur banalité. Le jeu modéré de Dragos Bucur et d'Anamaria Marinca, méconnaissable depuis 4 mois, 3 semaines et 2 jours, rendent cette histoire, qui se sert pour une fois du cadre des vacances pour provoquer les antagonismes et les frustrations, encore plus intriguante.
Vu le 27 mai 2009, au Club Publicis, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10