Last Kiss

Last Kiss
Titre original:Last Kiss
Réalisateur:Tony Goldwyn
Sortie:Cinéma
Durée:104 minutes
Date:25 octobre 2006
Note:
La vie de Michael à trente ans ressemble exactement à ce qu'il avait imaginé en étant jeune : un travail intéressant et bien payé, une copine belle et intelligente, et en plus un heureux événement qui s'annonce. Mais face à ce bonheur parfait, Michael a l'impression que sa vie est terminée, qu'il n'y aura désormais plus de surprises à attendre. Alors que les relations dans son entourage se délient, Michael est tenté de céder aux manoeuvres de séduction de la jeune Kim, une étudiante qui lui fait regretter sa jeunesse.

Critique de Tootpadu

Certains producteurs hollywoodiens peu scrupuleux s'évertuent avec une régularité énervante à adapter les succès étrangers pour le public national, apparemment réticent à lire des sous-titres. Ce calcul mercantile aboutit alors à des films aussi peu recommandables que Drôles de pères ou New-York Taxi du côté français ou bien Le Cercle - The Ring 2 et Pulse du côté japonais. Puisque ce sont les comédies qui marchent le mieux dans le cinéma italien, il n'était plus qu'une question de temps avant de voir un remake de Juste un baiser de Gabriele Muccino débouler sur nos écrans.
L'histoire d'une banalité affligeante qui mettait en scène les interrogations sentimentales et existentielles de Carlo, sous les traits de Stefano Accorsi, fait donc le grand saut au-delà de l'océan. Alors qu'elle a gardé les éléments essentiels de l'intrigue et l'environnement social aisé et blasé qui avaient rendu l'original tellement insipide, cette transposition dans un cadre américain a complètement raté le volet de l'adaptation culturelle. La névrose typiquement italienne qui conférait encore un minimum de charme à Juste un baiser se transforme ici en une hystérie vaine et artificielle. Le premier affecté par ce décalage de mentalité ignoré est le ton du film, qui n'acquiert à aucun moment la moindre authenticité. Même la plus infime aisance qui découle de la crédibilité lui est refusée.
Il vaut mieux ne pas compter sur la mise en scène pour remettre cette entreprise hasardeuse à flot. Après avoir posé une glace dans pratiquement chaque plan de la première demi-heure, Tony Goldwyn abandonne même ce symbolisme tapageur et il n'appuie dès lors sa réalisation transparente que sur l'emploi démesuré de morceaux de musique branchée à la moindre apparition d'un enjeu sentimental.
Enfin, l'interprétation est à la limite du déplorable, avec un Zach Braff qui s'identifie assez bien à son personnage antipathique, mais qui ne nous le rend pas plus intéressant pour autant. Et même les deux rentiers éprouvés de l'affaire, Blythe Danner et Tom Wilkinson, sont loin d'apporter un peu de gravité à cette agitation superficielle et irritante.

Vu le 11 septembre 2006, au Club de l'Etoile, en VO

Note de Tootpadu: