Country teacher
Réalisé par Bohdan Slama (2009)
Drame
| Durée | 121 minutes |
| Sortie | 01/04/2009 |
| Note | 5/10 |
Après avoir enseigné au lycée à Prague, Petr s'installe à la campagne et accepte le poste de prof de biologie au collège local. Il se lie d'amitié avec Marie, qui exploite seule sa ferme laitière depuis la mort de son mari. Petr y retrouve une ancienne élève de la capitale, qui sort avec Lada, le fils de Marie. Pour permettre à ce dernier de réussir son examen de fin de scolarité, sa mère demande à Petr de lui donner des cours de mathématiques.
La critique
Par Tootpadu 18/03/2009
Comparer l'état d'esprit du protagoniste au ton général d'un film peut ressembler à de la critique facile et paresseuse. C'est néanmoins une équation qui convient parfaitement à ce film tchèque, apparemment issu d'un autre temps. La passivité et les sentiments maladivement réprimés de Petr se retrouvent ainsi dans la mise en scène de Bohdan Slama, qui ne paraît pas trop savoir quoi faire de cet exilé volontaire, avant de se contenter d'un conte moral frustrant et péniblement rétrograde, en dépit du contexte rural et culturel.
Country teacher fait en effet partie de ces films bien intentionnés et en vogue dans les années 1980 et '90, qui cherchaient timidement à rendre l'homosexualité plus accessible et acceptable aux yeux des spectateurs hétérosexuels. Il faut croire que ces tentatives de vulgarisation, sous forme de leçons de tolérance, n'ont pas servi à grand-chose, au moins du côté cinématographique, puisque l'on est toujours au même stade d'une affirmation hésitante et honteuse de la différence dans l'orientation sexuelle. Même en tenant compte des moeurs tchèques peut-être moins éclairées que celles de quelques pays occidentaux plus progressistes - ce qui reviendrait à colporter les clichés culturels du temps du rideau de fer -, nous ne pouvons attribuer cette frilosité à la seule opposition de style de vie entre la ville et la campagne.
Le problème principal du film vient de l'homophobie intériorisée de Petr, qui se manifeste par des actes de désespoir que l'on ne croyait plus devoir subir sur nos écrans en cette époque relativement tolérante. En comparaison, même les cowboys du Secret de Brokeback Mountain de Ang Lee ont exprimé leur malaise existentiel, basé sur l'incapacité de s'épanouir dans leur homosexualité, d'une façon moins déprimante que ce prof renfermé, qui tente de se suicider après avoir commis des attouchements sur l'objet de ses fantasmes.
La narration langoureuse de Bohdan Slama correspond au moins à cette conception de l'homosexualité pas tant comme une tare sociale, mais comme un choix de vie qu'il est difficile d'assumer pleinement et joyeusement. Si ce n'était pour les réserves majeures que nous émettons à l'égard de son film en raison de cette prise de position hélas pas encore dépassée et sur la défensive, la mise en scène disposerait de suffisamment d'attraits visuels pour nous intriguer.
Country teacher fait en effet partie de ces films bien intentionnés et en vogue dans les années 1980 et '90, qui cherchaient timidement à rendre l'homosexualité plus accessible et acceptable aux yeux des spectateurs hétérosexuels. Il faut croire que ces tentatives de vulgarisation, sous forme de leçons de tolérance, n'ont pas servi à grand-chose, au moins du côté cinématographique, puisque l'on est toujours au même stade d'une affirmation hésitante et honteuse de la différence dans l'orientation sexuelle. Même en tenant compte des moeurs tchèques peut-être moins éclairées que celles de quelques pays occidentaux plus progressistes - ce qui reviendrait à colporter les clichés culturels du temps du rideau de fer -, nous ne pouvons attribuer cette frilosité à la seule opposition de style de vie entre la ville et la campagne.
Le problème principal du film vient de l'homophobie intériorisée de Petr, qui se manifeste par des actes de désespoir que l'on ne croyait plus devoir subir sur nos écrans en cette époque relativement tolérante. En comparaison, même les cowboys du Secret de Brokeback Mountain de Ang Lee ont exprimé leur malaise existentiel, basé sur l'incapacité de s'épanouir dans leur homosexualité, d'une façon moins déprimante que ce prof renfermé, qui tente de se suicider après avoir commis des attouchements sur l'objet de ses fantasmes.
La narration langoureuse de Bohdan Slama correspond au moins à cette conception de l'homosexualité pas tant comme une tare sociale, mais comme un choix de vie qu'il est difficile d'assumer pleinement et joyeusement. Si ce n'était pour les réserves majeures que nous émettons à l'égard de son film en raison de cette prise de position hélas pas encore dépassée et sur la défensive, la mise en scène disposerait de suffisamment d'attraits visuels pour nous intriguer.
Vu le 17 mars 2009, au Cinéma du Panthéon, en VO
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10