Expérience africaine
Réalisé par Laurent Chevallier (2009)
| Durée | 91 minutes |
| Sortie | 25/03/2009 |
| Note | 6/10 |
La petite ville de Marciac dans le Gers est la seule en France, voire en Europe, à proposer une section jazz au collège. En 2007, des musiciens africains du groupe Fölifö, les héritiers artistiques de Momo Wandel, s'y rendent à deux reprises, pour enseigner aux élèves les origines du jazz lors d'un atelier d'apprentissage et d'échange et pour se produire au festival "Jazz in Marciac" au mois d'août. L'année suivante, six musiciens collégiens partent à leur tour en voyage, à Conakry en Guinée, pour rendre visite à leurs nouveaux amis, s'imprégner de la culture et de la musique locales et rendre hommage au doyen du jazz africain.
La critique
Par Tootpadu 12/03/2009
Cette démarche de la découverte de l'autre, le réalisateur Laurent Chevallier l'applique sans naïveté. Même si des moments très forts ont été vécus par tous les participants, les différences sociales et culturelles demeurent. Ce décalage devient le plus apparent lors de la visite de la doyenne centenaire à Conakry, quand le jeune pianiste insiste bien sur l'aspect sexiste de la polygamie et que sa remarque ne trouve aucun écho. Ce sont ces petits accrochages bénins qui rendent la rencontre entre le collège de Marciac et le groupe Fölifö aussi naturelle et désarmante. Il reste évidemment encore du chemin à faire pour aboutir à un niveau de compréhension et d'appréciation entre les peuples d'Europe et de l'Afrique, qui renverserait les perceptions acquises au fil des siècles de colonisation et de dépendance économique. Commencer par la sensibilisation des jeunes, passablement ouverts au monde et capables d'assimiler ses leçons à une vitesse impressionnante, est sans doute une des clefs essentielles pour construire le monde meilleur de demain.
Aussi percutant Expérience africaine soit-il d'un point de vue social, le documentaire ne nous inspire pas le même enthousiasme du côté musical. Les quelques instants de symbiose, où le message positif du film et le poids émotionnel sont condensés magistralement dans une forme d'expression musicale, sont bien trop courts pour former l'apogée du voyage en France ou en Guinée. Contrairement aux nombreux documentaires musicaux de ces derniers temps, qui réussissaient pour la plupart à résumer leur sujet dans une représentation finale enivrante, Laurent Chevallier reste trop en retrait pour nous mobiliser émotionnellement à ces instants cruciaux. Comme ce fut déjà le cas pour son hommage à Momo Wandel, Momo le doyen, Chevallier dispose clairement de bonnes intentions, mais les moyens filmiques qu'il déploie pour les transmettre ne sont pas toujours à la hauteur de ses aspirations.
Vu le 11 mars 2009, au Club de l'Etoile, en VO