Amour sexe et mobylette

Réalisé par Maria Silvia Bazzoli, Christian Lelong (2009)

Docu-fiction
Amour sexe et mobylette
Durée 96 minutes
Sortie 08/04/2009
Note 6/10

A l'approche de la Saint Valentin, un photographe tombe en panne de voiture près du village de Koupéla, au Burkina Faso. Après que le vieux pêcheur Jean Marie, marié depuis plus de trente ans et toujours amoureux, l'a aide à trouver un garage, le photographe doit attendre quelques jours au village, le temps que sa voiture sera réparée. En même temps, l'association Cinomade conduit des micro-trottoirs sur le thème de l'amour et de la sexualité et la radio Kourita organise un concours de poésie sur le même sujet. Dans ce climat d'ébullition romantique, le jeune Ousmane appréhende de rendre visite à sa copine Balie à la capitale, pour lui avouer qu'il est pauvre.

La critique

Par Tootpadu 06/01/2009

Ah, l'amour, l'amour, toujours l'amour ! Les amoureux de tous bords auront encore de quoi fêter à la Saint Valentin, ne serait-ce que ce documentaire plutôt surprenant, qui adopte le point de vue injustement négligé de l'Afrique. Bien qu'il s'agisse d'une production européenne, avec un tandem franco-italien derrière la caméra, Amour, sexe et mobylette privilégie un regard sans complexes, ni préjugés sur une culture, qui est hélas trop souvent réduite dans les médias à sa précarité existentielle et à son folklore exotique. Le concept de ce documentaire rafraîchissant s'empresse de brasser relativement large, pour présenter un aperçu sans oeillères du statu quo romantique et sexuel sur un continent marqué à long terme par le sida.
Le fantasme d'un amour idéal se voit en effet rapidement miné par toutes sortes de considérations sociales. Tandis que les garçons et les filles se renvoient des reproches sommaires lors de la discussion au cinéma en plein air, leurs aînés s'aiment avec une pudeur et une fidélité attachantes. Ce qui ne signifie nullement que l'amour, celui du coup de foudre tout comme celui de la relation durable et à l'épreuve des intempéries de la vie, est infaillible. Mais l'optimisme avec lequel Maria Silvia Bazzoli et Christian Lelong filment les intervenants, dans un cadre très vaguement fictif, montre un respect profond par rapport à la mentalité africaine - si une telle chose existe évidemment -, que les réalisateurs captent assez adroitement dans toutes ses contradictions entre la douceur et la détermination.
Enfin, même si la palette des approches est plutôt diversifiée, le documentaire ne célèbre qu'une forme restreinte, car complètement hétérocentriste, de l'amour. En dépit de ses bonnes intentions et de sa démarche libre, il colporte alors un peu trop docilement des normes romantiques, qui ne sont pas par hasard condensées dans la fête de Saint Valentin, le prétexte principal des activités relayées dans le film.

Vu le 5 janvier 2009, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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