Last Show (The)
Réalisé par Robert Altman (2006)
| Durée | 106 minutes |
| Sortie | 06/12/2006 |
| Note | 7/10 |
L'émission de radio en direct, "A Prairie Home Companion", se tient depuis trente ans tous les samedis soirs au Fitzgerald Theatre de Saint Paul, dans le Minnesota. Au programme, des chansons plus ou moins traditionnelles et des publicités imaginaires, le tout savamment animé par GK, le maître des lieux. Mais la radio qui diffuse l'émission a été vendue à une grande entreprise nationale. Et la survie de "Prairie Home Companion" ne tient alors plus qu'à un fil, lorsque les soeurs Johnson, les cowboys Dusty et Lefty et d'autres habitués du programme se retrouvent pour ce qui pourrait bien être la dernière émission.
La critique
Par Tootpadu 26/09/2006
Le cycle magistral, qui sera sans doute le dernier de la part d'un réalisateur désormais octogénaire, se poursuit avec cette comédie douce-amère, aussi enjouée que caustique. Altman s'y évertue une fois de plus à animer un ensemble de personnages autour d'un événement qui n'est réellement qu'un prétexte pour sonder, avec un oeil amusé, les imperfections de l'être humain. Alors que sur scène, les numéros musicaux trempés de nostalgie se succèdent, en coulisses, la vie continue son cours imprévisible. Le vieux routier du genre sait bien sûr comment agencer le moindre détail de ce microcosme en ébullition. Pratiquement aucun détail ne lui échappe, à l'exception peut-être d'une petite touche métaphysique dont l'élégance est légèrement contrecarré par un emploi aussi lourd que futile. En effet, ce point mystérieux figure comme la seule tentative d'élever les agissements assez banals des musiciens vers un tableau au trait plus universel. Mais c'est justement la superficialité joyeuse des artistes qui séduit et divertit.
En comparaison avec les autres oeuvres orchestrales d'Altman, The Last Show, quel titre français faussement adapté, ne se classe probablement pas parmi les meilleurs. Pour cela, il lui manque l'humour mordant et l'aplomb existentiel de ses réussites majeures. Toutefois, il s'agit là nullement de l'oeuvre d'un vieillard, tellement le rythme est enlevé, l'esprit et la caméra sont agiles, et les numéros musicaux sont énergiques. Appuyé de surcroît par une distribution royale et particulièrement bien en voix, le film nous livre alors une variation supplémentaire, un peu plus légère que d'habitude, de la direction d'ensemble hors pair de Robert Altman.
Vu le 25 septembre 2006, au Club de l'Etoile, en VO