Tony Manero

Réalisé par Pablo Larrain (2009)

Interdit aux moins de 12 ans, Drame
Tony Manero
Durée 97 minutes
Sortie 11/02/2009
Note 5/10

Chili 1978. Raul Peralta, un danseur désoeuvré au début de la cinquantaine, voue une admiration sans faille à Tony Manero, le personnage de John Travolta dans La Fièvre du samedi soir. Il rêve de participer à un concours de sosies à la télévision et prépare en même temps un spectacle de danse dans la petite pension où il habite. Pour réunir l'argent nécessaire à la réalisation de ses projets, Raul n'hésite pas à recourir au meurtre.

La critique

Par Tootpadu 18/11/2008

Le cynisme du personnage principal de ce film chilien, présenté cette année à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes, rend la moindre identification avec lui hautement difficile. La détermination immuable de Raul, pour quelque chose de minable qui se décide en fin de compte sur un coup de tête, nous inspire une antipathie profonde. En même temps, l'intransigeance avec laquelle le protagoniste poursuit son but force le respect. Convaincu de sa propre superiorité et de celle de son idole, cet homme égoïste et guère gracieux s'engage dans un cercle infernal duquel il lui sera quasiment impossible de sortir.
Car Tony Manero appartient aussi à cette tradition des films sur les tueurs en série, un peu passés de mode, qui enregistrent sans états d'âme des explosions d'une violence gratuite. Les assassinats à mains nues, que Raul pratique sans le moindre remords, s'expliquent par une nécessité nihiliste et démesurée, qui se fonde sur un désaveu complet de la dignité humaine. Leur atrocité est d'autant plus malsaine qu'ils servent un but sans grande valeur, un artifice ringard dans un monde morne et soumis.
La mise en scène de Pablo Larrain, qui en est à son deuxième long-métrage, est finalement plutôt indécise, entre la décadence individuelle de son protagoniste méprisable et le cadre historique des années Pinochet, qui marquaient une pause relative en 1978 en termes de répression brutale. En dépit d'un régime militaire totalitaire, les crimes de Monsieur Peralta ne sont ainsi nullement condamnés, laissant l'assassin face à son absence de conscience.

Vu le 18 novembre 2008, au Publicis Cinémas, Salle 2, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

Retour à la liste des Critiques