Bureaux de Dieu (Les)
Réalisé par Claire Simon (2008)
| Durée | 121 minutes |
| Sortie | 05/11/2008 |
| Note | 4/10 |
Au centre Jean Jaurès du Planning familial à Paris, des femmes et quelques hommes, conseillères ou médecins, accueillent des femmes qui envisagent un avortement, suite à une grossesse involontaire, ou qui veulent se renseigner sur les différentes méthodes de contraception.
Les critiques
Par Mulder 28/10/2008
Reste que le casting de cette oeuvre est assez intéressant : Nathalie Baye, Michel Boujenah, Isabelle Carré, Béatrice Dalle, Nicole Garcia, ... Pendant près de deux longues heures, nous assistons à des entretiens répétitifs et laborieux. La réaction dans la salle pendant la projection de presse fut assez représentative de cette sensation. En effet, sur les quinze personnes présentes, une bonne moitié a quitté la salle au bout d'une petite demie heure.
Reste que ce film est un film qui aurait plus sa place sur Arte que dans une salle de cinéma !
Vu le 1er octobre 2008, au Centre Wallonie de Bruxelles
Par Tootpadu 07/10/2008
Entendre les témoignages des femmes en consultation, basés sur des entretiens qui ont réellement eu lieu, cela revient à prendre le pouls d'une société qui se dit progressiste, mais dans laquelle les femmes sont souvent laissé seules face au dilemme de la grossesse involontaire. En effet, la partie masculine du problème brille par son absence, comme c'est hélas trop souvent le cas dans la vie réelle. Du coup, c'est aux femmes d'assumer des responsabilités qu'il serait infiniment plus aisé de prendre à deux, et de porter ainsi seules le joug de leur rôle biologique et, par répercussion, social. Tel un fil rouge, la solitude face à la décision d'avorter ou pas rassemble les histoires diverses évoquées.
L'inclusion d'un large éventail de problématiques, de la mère qui ne veut pas d'un troisième enfant aux jeunes filles à la découverte de leur sexualité, permet au film de brosser un tableau global du sujet. Dans cette démarche réside à la fois le garant de la pertinence sociale des Bureaux de Dieu et le risque d'une évocation trop sommaire de tout ce que la vie contemporaine peut produire d'accidentel. Si ce n'était pour la justesse du regard de la réalisatrice, la forme chorale du film pourrait bien apparaître comme un défilé de cas si exemplaires, qu'ils en perdraient leurs caractéristiques individuelles et humaines. Claire Simon ne réussit en effet pas à nous affranchir complètement de cette sensation de regarder une encyclopédie universelle sur les raisons qui peuvent pousser des femmes à recourir à l'avortement.
Enfin, en parlant de l'interruption volontaire de grossesse, le point de vue militant du film à ce sujet ne fait pas de doute. Même si les conseillères écoutent attentivement les femmes en consultation, l'absence totale du moindre cas d'affirmation de la vie en construction et de refus de l'avortement désigne clairement les tendances féministes du film. Libre à chacun d'en penser ce qu'il veut, puisque le sujet réel du film est plutôt le discours confidentiel sur un aspect essentiel de l'identité sexuelle féminine.
Vu le 6 octobre 2008, à la Salle Pathé Lamennais