Plaisir de chanter (Le)

Réalisé par Ilan Duran Cohen (2008)

Comédie
Plaisir de chanter (Le)
Durée 98 minutes
Sortie 26/11/2008
Note 5/10

Muriel rêve d'avoir un enfant. Mais le seul homme dans sa vie, son subordonné Philippe dans une cellule des services secrets à Paris, ne se sent pas prêt à franchir le pas. Peut-être leur nouvelle affaire procurera-t-elle enfin le plaisir maternel à Muriel : elle devra s'infiltrer dans un cours de chant lyrique, que fréquente également Constance, la veuve un peu naïve d'un banquier véreux. Muriel ignore par contre que le cours est un véritable nid d'espions, dont chaque chanteur en herbe espère s'approprier la clef usb prétendument en la possession de Constance.

La critique

Par Tootpadu 02/10/2008

Pour la troisième fois, le réalisateur Ilan Duran Cohen tente d'assembler des éléments disparates dans son film. Et pour la troisième fois, il échoue. Sans atteindre le degré de frustration de son film précédent, Les Petits fils, celui-ci accumule les points forts et les points faibles, jusqu'à nous laisser tout aussi perplexes face au résultat final. Ici, ce qui est bon l'est vraiment. Mais l'insistance avec laquelle les parties pesantes du scénario sont mises en avant modère considérablement ces quelques prises de plaisir.
La première séquence, fascinante et étrange, du personnage de Guillaume Quatravaux qui chante sous un pont, pour finir par se faire accoster par un individu suspect, met le ton, jusqu'à la suivante, qui cède platement aux névroses de Muriel et Philippe. Celles-ci réussissent à tirer régulièrement le récit vers le bas. Rien d'intéressant en effet à un personnage trentenaire, frustré de la vie, qui tente quand même à lui trouver un sens. En plus, Marina Foïs et Lorànt Deutsch ne disposent pas vraiment du charme nécessaire à faire vivre ce couple improbable, malgré sa médiocrité inhérente.
Heureusement, le constat est plus positif du côté des seconds rôles, plutôt hauts en couleur. Il y a notamment un trio de femmes, qui ajoutent chacune du piment à l'intrigue mollement rocambolesque. Jeanne Balibar, Nathalie Richard et Dominique Reymond excellent dans des emplois plus ou moins réduits, en termes d'importance du rôle. Surtout la première nous enchante par son interprétation magistrale, pas loin d'une véritable redécouverte. Nous avons toujours apprécié Jeanne Balibar, mais grâce à cette interprétation surprenante notre admiration est encore monté d'un cran. L'actrice habite son personnage avec une désinvolture et un décalage par rapport aux autres, qui laisse souvent bouche bée.
Dommage alors qu'une telle énergie ne s'empare pas du film dans son ensemble. Trop de nombrilisme frustrant et un rythme sans verve empêchent ainsi Le Plaisir de chanter de prendre son envol avec le talent incroyable de la radieuse Jeanne Balibar.

Vu le 1er octobre 2008, au Club Marbeuf

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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