Derniers jours de Pompéi (Les)

Réalisé par Ernest B. Schoedsack (1936)

Péplum
Derniers jours de Pompéi (Les)
Durée 96 minutes
Sortie 17/01/1936
Note 6/10

Le forgeron Marcus est entièrement satisfait de la vie qu'il mène dans la ville romaine de Pompéi : son travail lui permet de vivre décemment et de subvenir aux besoins de sa femme et de son fils, né il y a quelques mois. Mais un accident tragique anéantit ce bonheur modeste et Marcus décide de tout faire désormais pour devenir riche et puissant. Il accède au rang de gladiateur acclamé dans les arènes de Pompéi, jusqu'au jour où il recueille Flavius, le fils orphelin d'un de ses adversaires. Son but est dès lors de permettre à Flavius de mener la vie qu'il aurait souhaitée pour son fils décédé.

La critique

Par Tootpadu 05/08/2008

La plupart des poncifs mélodramatiques sont passés en revue dans ce péplum au titre trompeur. En effet, l'action du film s'étend sur plusieurs années, jusqu'à prendre une grande liberté historique, en compressant considérablement le demi-siècle entre la mort du Christ et l'éruption du volcan. Mais c'est justement cette désinvolture scénaristique qui rend ce film d'une autre époque aussi divertissant. Car Les Derniers jours de Pompéi ne s'intéresse au spectacle catastrophique que dans la mesure où il sert son ambition morale encombrante.
Le dernier quart d'heure du film mis à part, qui est réservé à la destruction de la ville, le récit a même tendance à contourner les autres opportunités spectaculaires. Que ce soit l'affrontement dans l'arène qui oblige Marcus à prendre sa retraite ou l'expédition de pillage qui est à l'origine de sa fortune, l'ellipse est un dispositif narratif majeur dans la structure du film. Comme pour mieux souligner que l'évolution morale du protagoniste est au centre du film, la mise en scène privilégie largement ses doutes existentielles et son ascension sociale, au détriment de ses exploits plus conventionnellement héroïques. Dans ce sens, le scénario établit la trajectoire sans faille et forcément édifiante d'un homme, qui, après s'être contenté de valeurs trop modestes, court sans plus aucun scrupule à la richesse matérielle, pour revenir in extremis à un altruisme teinté d'idéaux chrétiens.
Les références bibliques du film sont par ailleurs aussi voyantes que le jeu très serviable de Preston Foster, dans un rôle dont la simplicité convient tout à fait à ses capacités dramatiques limitées. Le contraste avec un Ponce Pilate philosophant à outrance, sous les traits de Basil Rathbone, n'est pas l'aspect le moins amusant du film. Enfin, les effets spéciaux sont assez satisfaisants pour l'époque, avec la traînée des cendres tombantes en point fort, et la lave trop semblable à de la bouillie d'avoine en point faible.

Vu le 31 juillet 2008, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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