Ombre de Bogota (L')
Réalisé par Ciro Guerra (2008)
Drame
| Durée | 91 minutes |
| Sortie | 09/04/2008 |
| Note | 6/10 |
Mañe n'a plus assez d'argent pour payer son loyer. Il habite dans une pension modeste, tenue par un ancien sergent et sa soeur, dans un quartier pauvre de Bogota. Il ne trouve pas de travail, parce qu'il est estropié et plus très jeune. Après une altercation avec des voyous du quartier, Mañe est secouru par un étranger, qui gagne sa vie en portant les passants de la ville sur son dos. Pour remercier cet homme mystérieux et taciturne, Mañe cherche à lui rendre à son tour service et à devenir son ami.
La critique
Par Tootpadu 25/03/2008
Rien de misérabiliste dans ce film colombien à fort contexte social. Rien de trop lourd ou pesant non plus dans ce premier film, dont l'intrigue, chargée en méfaits et traumatismes du passé, s'y prêterait pourtant facilement. Et enfin, rien de stylistiquement clinquant, alors que la photographie en noir et blanc aurait pu inviter à une recherche formelle, disproportionnée en vue de la simplicité du propos.
Ciro Guerra s'est en effet admirablement accommodé des circonstances financièrement précaires dans lesquelles il a tourné son premier film. Il n'y cherche point l'esbroufe formelle ou le ton faussement édifiant. En toute simplicité, son film conte l'amitié impossible entre deux hommes en marge de la société. Leur rencontre ne les rapproche pas tant, à travers leur statut partagé d'individu exclu, qu'il ne les met face à la raison pour laquelle ils sont obligés de vivre au jour le jour, sans perspective d'un avenir quelconque. Leur union ne produit aucune force réelle, si ce n'est la découverte d'une réalité hautement déplaisante. La réussite matérielle ou émotionnelle est définitivement rendu impossible à ces parias, par ce qu'ils ont subi ou commis dans le passé.
Le ton que le réalisateur a choisi pour son conte pessimiste est celui d'une poésie du désespoir. Chaque petite avancée dans la relation amicale entre Mañe et le porteur est ainsi miné rapidement par une méfiance et un calcul égoïste, qui relèvent plus d'une réalité morne que d'une fiction rassurante. Dans cette logique narrative, Ciro Guerra permet la seule échappée éphémère à son protagoniste, par le biais d'une séquence onirique à la beauté étrange.
Ciro Guerra s'est en effet admirablement accommodé des circonstances financièrement précaires dans lesquelles il a tourné son premier film. Il n'y cherche point l'esbroufe formelle ou le ton faussement édifiant. En toute simplicité, son film conte l'amitié impossible entre deux hommes en marge de la société. Leur rencontre ne les rapproche pas tant, à travers leur statut partagé d'individu exclu, qu'il ne les met face à la raison pour laquelle ils sont obligés de vivre au jour le jour, sans perspective d'un avenir quelconque. Leur union ne produit aucune force réelle, si ce n'est la découverte d'une réalité hautement déplaisante. La réussite matérielle ou émotionnelle est définitivement rendu impossible à ces parias, par ce qu'ils ont subi ou commis dans le passé.
Le ton que le réalisateur a choisi pour son conte pessimiste est celui d'une poésie du désespoir. Chaque petite avancée dans la relation amicale entre Mañe et le porteur est ainsi miné rapidement par une méfiance et un calcul égoïste, qui relèvent plus d'une réalité morne que d'une fiction rassurante. Dans cette logique narrative, Ciro Guerra permet la seule échappée éphémère à son protagoniste, par le biais d'une séquence onirique à la beauté étrange.
Vu le 25 mars 2008, au Club Marbeuf, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10