Dernier repas (Le)

Réalisé par Roh Gyeong-tae (2008)

Drame
Dernier repas (Le)
Durée 94 minutes
Sortie 19/03/2008
Note 6/10

Dans les quartiers pauvres de Séoul, une vieille dame cultive et vend des légumes, tout en rêvant de partir sur Mars. Un jeune homme sous trithérapie se produit dans un cabaret et se prostitue. Une jeune femme corpulente aimerait changer de nez par le biais d'une chirurgie esthétique coûteuse, mais le seul travail qu'elle trouve est dans un service de téléphone rose.

La critique

Par Tootpadu 26/02/2008

Dédié à Roy Andersson, ce premier film coréen s'inspire visiblement du style plutôt expérimental du réalisateur suédois. Inutile en effet d'y chercher ne serait-ce que des bribes d'une intrigue conventionnelle ou une forme narrative facile d'accès. Uniquement à la fin, le lien entre les différents personnages devient à peu près clair, avec tout ce que cela implique d'incompréhension et de pertes de repères.
Guère plus vigoureux et optimiste que son maître, Roh Gyeong-tae ne se laisse cependant pas non plus aller à un désespoir déprimant. Son univers repose davantage sur une perception visuelle, de formes et de mouvements, le tout sur un fond sonore plutôt étrange. L'aspect visuel s'avère ainsi le point le plus intriguant de son film autrement assez déroutant. Dans un décor urbain terne et sans vie, sa composition des plans, son jeu sur le rythme et la durée étendue et son approche presque morbide de la sexualité ne manquent pas de nous étonner.
Faute d'histoire et d'épaisseur narrative des personnages, tout se joue à partir de leur présence et leur façon d'exister stoïquement dans un monde sans valeurs et sans lien social, mise à part la pratique anonyme et laborieuse d'une sexualité sans satisfaction. A condition de vous laisser porter par ce regard fortement décalé sur le monde et ses imperfections, vous pourriez tirer un certain étonnement de ce film hors normes. Ce n'est sans doute pas du grand cinéma, mais c'est la première tentative artistiquement courageuse d'un réalisateur, qu'il vaut peut-être la peine de suivre dans son parcours à contre-courant du minimalisme coréen ambiant.
Enfin, signalons que le film n'est disponible qu'avec des sous-titres anglais imposés, suite à une erreur de manipulation sur le négatif, qui fournit une preuve supplémentaire sur la nature marginale de ce film exigeant, mais pas sans mérite !

Vu le 26 février 2008, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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