Fête du feu (La)
Réalisé par Asghar Farhadi (2007)
| Durée | 102 minutes |
| Sortie | 26/12/2007 |
| Note | 6/10 |
La jeune Rouhi va bientôt se marier avec son cousin Abdolreza. La veille de la fête du feu, qui commence les festivités du Nouvel An iranien au mois de mars, elle est envoyée par son agence de travail temporaire pour faire le ménage chez une famille de la classe moyenne. Elle y trouve un appartement sens dessus-dessous, avec des travaux de peinture à peine terminés et un carreau cassé. Le mari Morteza espère y mettre un peu d'ordre grâce au travail de Rouhi, avant de partir en vacances à Dubaï. Mais sa femme Mojdeh a d'autres plans et renvoie la jeune aide ménagère immédiatement. Au cours de la journée, Rouhi va cependant revenir plusieurs fois chez ce couple, qui est en pleine crise ménagère, à cause des soupçons d'infidélité que Mojdeh porte sur son mari et la voisine, une coiffeuse divorcée.
La critique
Par Tootpadu 18/12/2007
Ce troisième film d'Asghar Farhadi ne se préoccupe qu'accessoirement de l'environnement social de ses personnages. Il s'attèle davantage à une refonte du drame conjugal, afin de passer outre les crises de jalousie et les tromperies habituelles. Son principal allié dans cette entreprise, finalement assez ambitieuse, est un jeu habile sur le point de vue depuis lequel il conte cette journée d'un couple en pleine décomposition. Le regard de Rouhi n'est que le point de départ dans un contexte narratif complexe, mais jamais brouillon. Du statut de simple observatrice, la jeune femme passe progressivement à un rôle plus actif, sans pour autant participer suffisamment à l'action pour modifier son cours de façon significative. Son comportement est aussi ambigu que celui du couple, constamment dans le doute sur quel parti prendre ou bien laisser les mariés dans leur marasme trop humain de faire semblant, de tromperies et de compromis.
Le scénario astucieux accentue encore cette incertitude, cette incapacité de savoir vers où se dirige le récit et quelle issue il réserve à ce pétrin émotionnel multilatéral. Heureusement, la conclusion est à l'image du ton éclairé et mélancolique du film. Celui-ci démontre une fois de plus la vitalité coriace du cinéma iranien et sa capacité d'évoluer presque magistralement à l'écart des idées reçues et des formes imposées par un point de vue occidental réducteur.
Vu le 18 décembre 2007, au Club de l'Etoile, en VO