Faut que ça danse !

Réalisé par Noémie Lvovsky (2007)

Comédie Dramatique
Faut que ça danse !
Durée 100 minutes
Sortie 14/11/2007
Note 5/10

A bientôt 80 ans, Salomon Bellinsky n'a nullement envie de se casser la pipe. Alors que les signes annonciateurs de sa mise au rabais de la part de la société se multiplient, Salomon respire encore pleinement la vie, notamment à travers sa passion pour la danse de claquettes, inspirée par Fred Astaire. Il pense même à passer une annonce pour trouver une femme avec laquelle goûter une dernière fois à l'amour. Son épouse Geneviève sombre en effet dans une douce folie depuis de nombreuses années et est prise en charge par monsieur Mootoosamy. Sarah, la fille de Salomon et Geneviève, est étonnée de voir son père vivre une telle renaissance narcissique. Mais le temps lui manque pour s'en occuper, puisqu'elle apprend qu'elle est enceinte, alors que son médecin lui avait assuré d'être stérile.

La critique

Par Tootpadu 02/11/2007

Après son coup de maîtresse La vie ne me fait pas peur, Noémie Lvovsky peine décidément à réitérer l'exploit. Elle poursuit en quelque sorte sa route à travers les différents âges de l'homme, pour se pencher sur la vieillesse, dans son quatrième film. Son regard sur cette période de la vie, manifestement en vogue cette année au cinéma, emprunte une voie périlleuse, à mi-chemin entre le drame et la comédie. Le ton qui en résulte n'a pas grand-chose de séduisant, jusqu'à rendre l'histoire passablement agaçante.
Le souci avec Faut que ça danse !, c'est que rien n'est fait pour rendre les personnages narcissiques et les péripéties fades intéressants d'une façon ou d'une autre. La jovialité de Salomon est ainsi vite minée par son comportement égoïste envers sa famille, et fourbe envers sa nouvelle copine. Au moins, les pas de danse un peu maladroits du vieux monsieur font sourire, tandis que sa manie de parler anglais avec son épouse demeure désagréablement prétentieuse et vaine. Mais Salomon n'est pas le personnage le mieux loti en termes de névroses de toutes sortes. Celui de Sarah en déborde carrément, que ce soit lors de l'annonce de sa grossesse ou pendant des séquences oniriques voyantes. Sa voix-off et ses récits d'enfance indigestes offrent des béquilles insuffisantes à une narration sans entrain.
Comme ce fut déjà le cas dans Les Sentiments, seuls les personnages secondaires apportent un peu de fraîcheur. Rien d'aussi intéressant que les rôles de Baye et Poupaud dans ce film-là, mais au moins la relation entre la vieille dame étourdie et son ami et surveillant africain touche par sa complicité implicite. Arié Elmaleh n'a pas la même chance, puisque son personnage de fiancé reste entièrement transparent, même lors d'un accouchement improvisé plutôt marrant.
Que faut-il donc penser de Noémie Lvovsky, après une deuxième déception d'affilée ? Que son film sur l'adolescence était l'exception improbable au sein d'une oeuvre qui louche de plus en plus vers le versant fade et nombriliste du cinéma français ? Ou bien, que le souvenir désagréable de ces deux films d'une fausse maturité sera balayé par un retour en forme ultérieur ? Réponse à son prochain film, que l'on espère de tout coeur plus passionnant que celui-ci !

Vu le 2 novembre 2007, au Cinéma du Panthéon

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

Retour à la liste des Critiques