Chambre des morts (La)

Réalisé par Alfred Lot (2007)

Policier
Chambre des morts (La)
Durée 117 minutes
Sortie 14/11/2007
Note 6/10

Un soir, après s'être défoulé sur les locaux de leur ancienne boîte en les taguant, les deux chômeurs Sylvain et Vigo renversent par accident un homme dans une zone industrielle près de Dunkerque. Alors qu'ils discutent encore de la nécessité d'alerter la police, Vigo remarque un sac près du corps. A l'intérieur : une somme qui mettrait les deux amis à l'abri jusqu'à la fin de leurs jours. Ils décident alors de cacher le cadavre et le butin. Seulement, à quelques mètres de là, une fille enlevée attendait que son père apporte la rançon. Apparemment par dépit, le kidnappeur a alors tué l'enfant. A la police judiciaire, le lieutenant Moreno mène l'enquête, assisté de la jeune brigadière Lucie, qui dispose d'une connaissance exceptionnelle dans le domaine de cas semblables.

La critique

Par Tootpadu 09/10/2007

Le polar à la française au cinéma est le plus souvent une affaire bien glauque, un enchaînement de faits divers résolu par des fonctionnaires au bout du rouleau. Ce premier film étonnant ne reste que partiellement fidèle à cette conception sinistre du genre. Alfred Lot conjugue avec une aisance tout à fait bluffante pour ses débuts à la réalisation l'aspect réaliste et les exigences propres à la fiction de son intrigue.
Le portrait qu'il dresse du Nord, une région rarement sollicitée par les cinéastes français, si ce n'est que pour souligner la pauvreté et le désarroi de sa population, séduit par ses choix de décors anodins en apparence, mais dont la valeur visuelle apporte un plus indéniable à la narration. Ces terrains vagues hivernaux, ce terril et ces dunes fatidiques, ancrent le film dans un environnement authentique.
Le caractère plus haletant de l'enquête policière ne contredit jamais l'attachement à cet univers ordinaire. De même, les personnages hauts en couleur gardent toujours un pied sur terre. Ils se font toujours rattraper par leur imperfection, peu importe le degré de folie meurtrière ou l'épaisseur de la fausse piste auxquels ils sont soumis.
Enfin, le ton du film ressemble à un mélange ingénieux entre la sobriété de Scènes de crimes de Frédéric Schoendoerffer et les accents plus spectaculaires du Silence des agneaux de Jonathan Demme. Entre une Laurence Côte infernale et une Nathalie Richard protectrice, le spectre des comportements humains est également couvert en grande partie. Seule l'association de l'homosexualité à la folie criminelle dénote désagréablement au sein d'un scénario qui fait autrement preuve d'une solidité remarquable.

Vu le 4 octobre 2007, au Club de l'Etoile

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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