Halloween

Réalisé par Rob Zombie (2007)

Horreur
Halloween
Durée 110 minutes
Sortie 10/10/2007
Note 4/10

Michael Myers est un enfant perturbé, qui manifeste des tendances violentes. Alors que ses professeurs s'inquiètent pour lui, au point de contacter le psychologue Sam Loomis afin de l'analyser, Myers cause un bain de sang dans son foyer familial, à Haddonfield, un 31 octobre. Dix-sept ans plus tard, il s'échappe de la prison psychatrique pour semer une fois de plus la terreur dans la petite bourgade de l'Illinois.

Les critiques

Par Mulder 30/09/2007

Après les très intéressants House of 1000 corpses et The Devil's rejects de Rob Zombie, qui marquaient en quelque sorte le renouveau du cinéma d'horreur, on attendait avec impatience son remake (dans le cas présent, on assiste à une relecture du mythe) du pur chef-d'oeuvre de 1978 de John Carpenter, Halloween. Je sors assez mitigé de la projection de presse de ce film.

Le film n'est pas réellement une réussite, parce qu'il n'arrive pas à faire le poid par rapport au film de John Carpenter. La force du film de 1978 était de nous plonger en pleine angoisse pendant une heure et demie sans aucun temps mort. Nous subissions sans rien pouvoir faire la force maléfique de Michael Myers, véritable premier serial killer invincible. Suivirent par la suite les Jason Voorghes, et les Freddy Krueger (en passant, non ce n'est pas le petit frère de Diane). Rob Zombie revisite pendant une bonne heure la jeunesse et l'incarcération de Michael Myers. Cette partie est la partie la plus faible de son film, car trop lente, sans aucun suspense et par moments guère intéressante pour tout fan de la saga Halloween. Par la suite, pendant quarante-cinq minutes, nous nous retrouvons enfin sur des terres connues et angoissantes. Cette second partie est assez bien conçue, car nous ressentons de nouveau une pure terreur face à ce boogeyman indestructible.

Rob Zombie réalise ainsi avec ce film le quatrième meilleur opus de la saga. Les suites de Halloween à partir du troisième opus n'étaient que de petits films d'horreur, guère inspirés et essayant de rentabiliser à fond sur le premier volet de la saga. Si vous ne deviez voir que quatre de ces films, je vous conseille fortement, le 1, le 2, le 7 (Halloween 20 years after).

Une nouvelle fois, Hollywood a échoué à la conception d'un remake d'un film culte. Après le naufrage du remake de Fog, de Assault, des films cultes de John Carpenter, nous remarquons une nouvelle fois à quel point celui-ci nous manque dans notre paysage cinématographique. Certes, ces deux épisodes dans la série "Masters of horror" montrent qu'il n'a rien perdu de son mordant, mais rien ne remplacera la force d'une de ses œuvres sur grand écran !

Vu le 26 septembre 2007, au Planet Hollywood Champs-Elysées, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

Par Tootpadu 19/09/2007

Après huit films d'une qualité de plus en plus pitoyable, il ne reste plus rien à dire sur Michael Myers, le tueur psychopathe le plus connu de l'histoire du cinéma. Pourquoi ne pas recommencer par le début, alors ? C'est ce qu'ont dû se demander les producteurs de ce remake navrant, et grand mal les en a pris.
Pour les amateurs du chef-d'oeuvre original de John Carpenter, cette resucée bâclée fait ains l'effet d'un sacrilège impardonnable. Les nombreuses qualités du Halloween de 1978, d'une maîtrise dans la création et le maintien de la tension rarement égalée, se sont évaporées sans exception, au profit d'une intrigue sans intérêt. Il existe en effet des mondes entre l'horreur savamment orchestrée de Carpenter et la violence gratuite et bancale de Rob Zombie. Dans le gouffre qui sépare les deux films, trente ans d'une évolution regrettable de l'horreur au cinéma ont pris leur place. Le dilemme entre la volonté de tout montrer, les seins, le sang et les mutilations, et le constat qu'il n'y a plus rien à découvrir, qu'il n'y a plus de mystère, ni de suspense, dans notre ère médiatique, n'a ainsi jamais été aussi flagrant et pénible.
Le scénario inconsistant s'occupe alors à meubler le récit autant que possible pendant deux heures. Tandis que l'exposition ne prenait qu'un temps minimal chez Carpenter, avec un effet d'inquiétude maximale à la clé, elle s'éternise ici sur trente-cinq minutes, rien que pour évoquer la jeunesse de Myers. Après dix minutes en plus pour le faire s'évader de prison, l'action au sens propre pourrait enfin commencer. Sauf que l'obligation temporelle de désormais condenser l'intrigue originale, laisse la narration tributaire d'une violence trop superficielle pour réellement terrifier.
La mise en scène de Rob Zombie, encore si inventive dans The Devil's Rejects, se montre particulièrement quelconque ici. L'emploi de Michael Myers comme source visuelle de la menace est entièrement bâclée, au point de ne pas le remarquer dans certains plans ! Sa tournée de tueries est par conséquent dépourvue d'une tension palpable. Elle peut se résumer à trop de cris hystériques de la part de Laurie Strode, une victime assez insipide, et d'une absence manifeste de stratégies et de motivations scénaristiques et stylistiques.
Enfin, l'inclusion de quelques acteurs légendaires (Udo Kier, Richard Lynch, Sid Haig) dans des rôles d'une importance et d'une taille pitoyables ne peut être considéré que comme un gâchis monumental. Ce qui ne veut pas dire que Malcolm McDowell et Brad Dourif s'en sortent mieux.
Le remake le plus incompréhensible, par son existence même, depuis le Psycho de Gus Van Sant !

Vu le 17 septembre 2007, au Planet Hollywood Champs-Elysées, en VO

★★★☆☆☆☆☆☆☆ 3/10

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