Dreamland
Réalisé par Jason Matzner (2007)
Drame d'adolescents
| Durée | 88 minutes |
| Sortie | 01/08/2007 |
| Note | 6/10 |
A Dreamland, un petit parc de caravanes au Nouveau-Mexique, la jeune Audrey s'occupe de son père alcoolique et de sa meilleure amie Calista, gravement malade. Alors que son talent littéraire la prédestine à des études supérieures, Audrey préfère prendre soin de ses proches. Jusqu'à l'arrivée du jeune Mookie, qui s'installe avec ses parents à côté et qui met les coeurs d'Audrey et de Calista en émoi.
La critique
Par Tootpadu 28/06/2007
Il y a peu de sujets plus casse-gueule que la maladie, l'amour et la jalousie entre adolescents, et le côté défavorisé du rêve américain. Et pourtant, dans son premier film, le réalisateur Jason Matzner en parle d'un ton complètement décomplexé, qui dégage une sympathie irrésistible. Le regard qu'il porte sur ses personnages ordinaires, mais pas banals, fait fi de la moindre complaisance, pour prendre à bras le corps leur histoire. Surtout la première partie du film, pendant la mise en place des enjeux dramatiques, respire carrément un air de convivialité qui est hélas bien trop rare dans notre époque cinématographique, marquée par le cynisme et l'ironie.
Cette capacité de ne pas prendre ses protagonistes et leurs problèmes de haut s'avère encore plus payante, lorsqu'il s'agit de briser l'idylle du désert et de secouer les habitudes d'une existence préservée. A quelques échappées poétiques près, Matzner réussit également ici de cerner l'essence de son histoire, sans tomber dans l'excès de larmoiement ou de volontarisme. Son secret, c'est de procéder par de petits glissements imperceptibles, comme cette évocation touchante de la première rencontre des parents d'Audrey au bout d'une séquence qui avait pourtant commencé avec l'enthousiasme romantique de Calista. Il ne fait pas non plus davantage état des imperfections des proches d'Audrey. Pourtant, chaque personnage existe pleinement à sa façon personnelle, grâce aux touches discrètes d'un scénario sensible et d'une mise en scène précise.
Dreamland est si touchant sans jamais paraître forcé, que son sort commercial a de quoi laisser perplexe. Après avoir arpenté le circuit des festivals internationaux comme Sundance et Deauville, il est en effet sorti directement en vidéo aux Etats-Unis et sa sortie estivale en France risque de le faire disparaître et oublier sans susciter l'attention qu'il mérite. C'est sans doute une oeuvre trop intimiste et simple pour attirer les foules, mais rien que l'interprétation délicate d'Agnes Bruckner dans le rôle principal vaut le détour !
Cette capacité de ne pas prendre ses protagonistes et leurs problèmes de haut s'avère encore plus payante, lorsqu'il s'agit de briser l'idylle du désert et de secouer les habitudes d'une existence préservée. A quelques échappées poétiques près, Matzner réussit également ici de cerner l'essence de son histoire, sans tomber dans l'excès de larmoiement ou de volontarisme. Son secret, c'est de procéder par de petits glissements imperceptibles, comme cette évocation touchante de la première rencontre des parents d'Audrey au bout d'une séquence qui avait pourtant commencé avec l'enthousiasme romantique de Calista. Il ne fait pas non plus davantage état des imperfections des proches d'Audrey. Pourtant, chaque personnage existe pleinement à sa façon personnelle, grâce aux touches discrètes d'un scénario sensible et d'une mise en scène précise.
Dreamland est si touchant sans jamais paraître forcé, que son sort commercial a de quoi laisser perplexe. Après avoir arpenté le circuit des festivals internationaux comme Sundance et Deauville, il est en effet sorti directement en vidéo aux Etats-Unis et sa sortie estivale en France risque de le faire disparaître et oublier sans susciter l'attention qu'il mérite. C'est sans doute une oeuvre trop intimiste et simple pour attirer les foules, mais rien que l'interprétation délicate d'Agnes Bruckner dans le rôle principal vaut le détour !
Vu le 28 juin 2007, au Club Marbeuf, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10