Dealer

Dealer
Durée:104 minutes
Réalisateur:Jeroen Perceval
Sortie:Cinéma
Date:Non communiquée
Note:
Dealer raconte l'histoire d'un trafiquant de drogue nommé Johnny, quatorze ans, qui séjourne dans un foyer pour jeunes en difficulté. Il rêve d'une vie meilleure. Un jour, il a comme client le célèbre acteur à succès Antony qui devient un habitué. Un lien spécial se développe entre eux et tous deux décident de prendre un chemin différent.

Critique de Mulder

Cette année encore le Festival Fantastic Fest nous aura permis de découvrir d’excellents films que cela soit des films d’horreur, des thrillers, des comédies fantastiques mais aussi des drames sociaux envoutants et inoubliables. Assurément le premier film du scénariste et comédien Jeroen Perceval s’impose par l’émotion rarement égalée qui s’en dégage. Loin de nous raconter un nouveau drame sur une trame usée et simpliste, le scénariste et réalisateur Jeroen Perceval nous montre la férocité des nombreuses injustices de notre quotidien et comment des personnes innocentes doivent apprendre à survivre dans un milieu dangereux et sans réel code moral. 

Le grand soin porté aussi bien à l’écriture du film qu’à la direction des comédiens se ressent aussi à la superbe photographie de Dealer qui impose Jeroen Perceval comme un réalisateur virtuose capable de transcender un drame social et violent en un film inoubliable et dont les dernières images vous resteront en tête longtemps après avoir vu ce film. La construction du film d’apparence simpliste se révèle être d’une réelle minutie pour trouver le tempo parfait.

Comédien et scénariste (Les Ardennes (2015), Jeroen Perceval nous livre ici son premier film et nous propose une histoire fascinante sur l’amitié entre un comédien célèbre, Anthony (Ben Segers) en pleine crise existentielle et d’un jeune trafiquant de drogue Johnny (Sverre Rous). Après avoir tenté de voler Anthony dans un restaurant, Johnny se retrouve lié à lui non seulement en devant son dealer mais en voyant en lui un père de substitution. En ne négligeant à aucun moment l’évolution psychologique des relations entre ce comédien et ce jeune garçon solitaire et qui tente de gagner suffisamment d’argent pour s’en sortir, le film capture des moments de vie forts et chargés en émotions.

Loin de se complaire dans la facilité voire de suivre des rails tout tracés, Dealer se retrouve être fascinant en nous présentant un triste reflet de notre société actuelle dans laquelle les inégalités sociales se creusent entre les classes sociales et amènent souvent des enfants en perte de repère moral à dépasser l’acceptable en devant des dealers sous l’empire de personnes guères recommandables. Dealer s’appuie sur un casting solide et montre une nouvelle fois la vitalité du cinéma belge et surtout sa manière de traiter sans limite des histoires fortes quitte à choquer une partie du public. 

Une nouvelle fois le cinéma belge nous fascine par une réelle volonté de prendre des risques et de sortir d’une zone de confort dans laquelle de nombreux studios produisent à la chaine des films comme de simples produits marketing et le plus souvent sans réelle vision d’un réalisateur inspiré. Dealer tout au long de son déroulé nous étonne et surtout bénéficie d’un grand soin porté à l’image qui pourront rappeler à certains des films de Nicolas Winding Refn. La fin du film très chargé en émotions montre un réalisateur investi refusant tout consensualisme simpliste pour laisser réellement éclater une envie de surprendre en permanence les spectateurs. Ce sont des films comme Dealer qui font aimer le cinéma de la même manière qu’un livre nous fascine et nous donne envie de le lire en un trait, le premier film de Jeroen Perceval est tout simplement fascinant et bouleversant.

Dealer
Écrit et réalisé par Jeroen Perceval
Produit par Sarah Marks, Bart Van Langendonck
Avec Veerle Baetens, Bart Hollanders, Ward Kerremans, Jennifer Heylen, Abigail Abraham, Ben Segers, Poal Cairo, Jurgen Van Haver, Anne Van Hoorick.
Musique : Stan Lee Cole
Directeur de la photographie : David Williamson
Montage : Maarten Janssens  
Sociétés de production : Savage Film
Durée du film : 104 minutes

Vu le 27 septembre 2021 (Fantastic Fest)

Note de Mulder: