Sempre vivu !
Réalisé par Robin Renucci (2007)
Comédie
| Durée | 90 minutes |
| Sortie | 13/06/2007 |
| Note | 5/10 |
Un petit village dans les montagnes corses est en effervescence, le jour où le ministre doit venir du continent pour signer le contrat qui scellera la construction d'un théâtre dans la commune déserte. Ange, le vieux maire et instigateur du projet, surveille les derniers préparatifs, lorsqu'il s'écroule, comme foudroyé. Sa femme Lellè et son fils Sauveur décident alors de cacher sa mort, pour ne pas mettre en péril la signature, vitale pour l'avenir du village.
La critique
Par Tootpadu 05/06/2007
Un petit air d'Iosseliani souffle sur cette comédie décidément très corse. Les poules y disent leurs secrets au sorcier, les vieux se font revigorer par la sorcière, et les poulets n'ont pas un plus beau rôle que dans L'Enquête corse. Toutefois, le regard que Robin Renucci porte sur les Corses dans son premier film n'est guère empreint de folklore moqueur. Il assemble plutôt les particularités sociales et culturelles de l'île pour en faire une comédie loufoque et joyeuse.
Car bien qu'un cadavre repose dans la maison familiale, ce n'est pas une raison pour arrêter de s'engueuler ou de ressortir les vieux antagonismes propres à la Corse. Cette farandole débridée tourne alors joyeusement en rond, à partir d'une disparition traitée peut-être même avec un peu trop de respect. Le défunt Ange fait en effet régulièrement des apparitions fantômes et se place comme le commentateur nostalgique de l'action. Il s'opère alors une sorte de collision de tons opposés, entre l'hystérie des survivants, incapables de pallier la disparition du maire un jour aussi décisif pour le village, et la douceur des commentaires d'Ange, en quête d'une absolution impossible.
Cependant, ce décalage de ton n'est pas la seule faiblesse de ce film, malgré tout plaisant à regarder. Probablement pour accentuer encore la folie ambiante, Robin Renucci a recours à quelques échappées fantastiques. Comme pour mieux insister sur la signification de certaines séquences, il fait revêtir aux comédiens des habits censés exacerber leurs répliques. Des seins dénudés de l'ancienne prostituée au déguisement de cowboy et d'indien dans lequel s'affrontent les frères ennemis, il ne s'agit pas là d'un dispositif fin ou ingénieux. D'ailleurs, tout le film s'emploie à traverser une journée agitée sur le fil précaire de la farce.
Car bien qu'un cadavre repose dans la maison familiale, ce n'est pas une raison pour arrêter de s'engueuler ou de ressortir les vieux antagonismes propres à la Corse. Cette farandole débridée tourne alors joyeusement en rond, à partir d'une disparition traitée peut-être même avec un peu trop de respect. Le défunt Ange fait en effet régulièrement des apparitions fantômes et se place comme le commentateur nostalgique de l'action. Il s'opère alors une sorte de collision de tons opposés, entre l'hystérie des survivants, incapables de pallier la disparition du maire un jour aussi décisif pour le village, et la douceur des commentaires d'Ange, en quête d'une absolution impossible.
Cependant, ce décalage de ton n'est pas la seule faiblesse de ce film, malgré tout plaisant à regarder. Probablement pour accentuer encore la folie ambiante, Robin Renucci a recours à quelques échappées fantastiques. Comme pour mieux insister sur la signification de certaines séquences, il fait revêtir aux comédiens des habits censés exacerber leurs répliques. Des seins dénudés de l'ancienne prostituée au déguisement de cowboy et d'indien dans lequel s'affrontent les frères ennemis, il ne s'agit pas là d'un dispositif fin ou ingénieux. D'ailleurs, tout le film s'emploie à traverser une journée agitée sur le fil précaire de la farce.
Vu le 4 juin 2007, au Club Marbeuf
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10