Idlewild, Gangsters Club

Réalisé par Bryan Barber (2007)

Gangster
Idlewild, Gangsters Club
Durée 122 minutes
Sortie 10/01/2007
Note 4/10

En 1935, dans la petite ville d'Idlewild dans l'état de Géorgie, la communauté noire se rend chaque soir au club "The Church", où les filles sont faciles, l'alcool de prohibition coule à flots et où le chanteur Rooster met de l'ambiance. Au piano, Percival, l'ami d'enfance de Rooster, rêve d'une existence plus glorieuse que son travail de jour, comme assistant de son père aux pompes funèbres. L'arrivée d'une nouvelle chanteuse, Angel Davenport, et le règlement de comptes entre gangsters, qui met Rooster en charge du club sous la houlette de l'imprévisible Trumpy, vont changer la donne.

La critique

Par Tootpadu 08/12/2006

Déjà plus de cinq ans depuis Moulin Rouge !, cette tornade stylistique et diablement rythmée qui a mis la comédie musicale sens dessus dessous. Et tout ce que le genre a su nous offrir depuis sont des adaptations théâtrales plus (Chicago) ou moins (Les Producteurs, Le Fantôme de l'opéra) inspirées, ou pire encore, des copies qui échouent exactement là où la merveille de Baz Luhrmann avait réussi. Comme ce retour pénible à l'ère des tripots de la prohibition.
Les quelques grands numéros musicaux dans le club, avec leur anachronisme affiché entre des chansons hip-hop et un cadre d'époque, arrivent encore partiellement à étonner, même si leur étrangeté empêche une adhésion totale. L'effet d'autres séquences musicales est par contre sensiblement plus désagréable, comme par exemple le réveil au cours duquel les coucous des pendules se mettent à chanter. Ce moment le plus abominable d'un film en somme peu intéressant synthétise cependant ses deux éléments les plus fâcheux : des volatiles qui prennent indirectement part à l'action (difficile de s'imaginer plus agaçant que le coq sur la flasque de Rooster) et un recours systématique aux effets spéciaux ou visuels (le générique) très laids.
Pour pallier l'ineptie de la mise en scène, le scénario fouille dans les profondeurs des idées recyclées à satiété. Aucun élément de l'intrigue ne brille par son originalité, grâce à des références à la fois communes et ennuyeuses (le subterfuge d'Angel est au moins aussi vieux que La Blonde du Far West, la balle magique qui sauve Rooster a déjà rendu d'excellents services à Elvis Presley, parmi tant d'autres, et la fusillade finale ressemble en partie à celle du Parrain 3ème partie). Et pour combler l'imperfection de ce film pénible, les comédiens ont tendance à surjouer même les émotions les plus subtiles, comme la timidité presque attachante de Percival.

Vu le 7 décembre 2006, à la Salle UIP, en VO

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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