Requiem
Réalisé par Hans-Christian Schmid (2006)
Drame psychologique
| Durée | 92 minutes |
| Sortie | 13/12/2006 |
| Note | 5/10 |
Au milieu des années 1970, Michaela Klingler commence ses études de sociologie à l'université de Tübingen. Elevée de façon religieuse et souffrante d'attaques d'épliepsie, la jeune femme veut ainsi prouver à ses parents qu'elle est capable de mener une vie autonome. Mais après un début de semestre encourageant, ses attaques reviennent et Michaela est persuadée d'entendre des voix qui la maudissent. Elle cherche alors de l'aide auprès du prêtre de sa paroisse natale.
La critique
Par Tootpadu 26/09/2006
Pour ceux qui ont vu L'Exorcisme d'Emily Rose, sorti en France exactement un an plus tôt, cette histoire d'une jeune femme possédée doit paraître familière. Les deux films s'inspirent en effet du même fait divers survenu en Allemagne en 1976. Sans connaître le film d'horreur hollywoodien, nous pouvons affirmer avec une certaine assurance que les similitudes entre les deux productions s'arrêtent bien là. Pour commencer, leurs centres de gravitation dramatique se trouvent diamétralement opposés, puisque Requiem relate le combat acharné de la jeune femme pour garder sa raison pendant ses premières semaines à l'université, alors que L'Exorcisme couvre les répliques juridiques de sa disparition.
Cependant, la différence cruciale entre les deux films s'expose au niveau formel. Requiem s'inscrit en effet dans la lignée des films allemands récents qui cachent leur austérité formelle tant bien que mal derrière des effets de style plombants. La caméra tremblotante qui capte la majeure partie du parcours de Michaela agit ainsi tel un symbole trop voyant pour la déroute mentale du personnage principal. Avec elle, la mise en scène paraît perdre pied à plusieurs reprises. Cette attitude chancelante empêche alors la narration d'acquérir quelques points d'ancrage indispensables pour ce genre d'histoire sur le fil précaire de la santé psychologique. A l'image de la lente descente de Michaela vers l'obscurité spirituelle et sociale, le film patauge un peu trop dans un flou privé de repères clairs.
Parmi les quelques points forts du film, il convient de distinguer l'interprétation intense de Sandra Hüller, justement récompensée par le prix d'interprétation féminine au dernier festival de Berlin. Elle monte et descend avec une aisance remarquable l'échelle des émotions, en opérant des transformations d'aspect physique et d'attitude assez impressionnantes. On croirait presque y voir chaque fois une actrice différente, entre l'adolescente pas sûre d'elle au début, l'étudiante qui découvre une vie faite de libertés et de responsabilités au milieu, et l'être étrangement sérein à la fin du film, en dépit de tous les abus qu'elle subit et qu'elle s'inflige elle-même.
Enfin, pour l'avoir vécu en partie nous-mêmes, nous pouvons affirmer que le portrait que le film dresse d'un certain milieu bourgeois et maladivement catholique en Allemagne est des plus justes. Mais cette vie régie par des rites et des traditions n'est pas vraiment propice à une trame dramatique forte, ou en tout cas, elle ne l'est pas sous l'effet diluant d'une réalisation un brin trop prétentieuse et pas assez impliquée.
Cependant, la différence cruciale entre les deux films s'expose au niveau formel. Requiem s'inscrit en effet dans la lignée des films allemands récents qui cachent leur austérité formelle tant bien que mal derrière des effets de style plombants. La caméra tremblotante qui capte la majeure partie du parcours de Michaela agit ainsi tel un symbole trop voyant pour la déroute mentale du personnage principal. Avec elle, la mise en scène paraît perdre pied à plusieurs reprises. Cette attitude chancelante empêche alors la narration d'acquérir quelques points d'ancrage indispensables pour ce genre d'histoire sur le fil précaire de la santé psychologique. A l'image de la lente descente de Michaela vers l'obscurité spirituelle et sociale, le film patauge un peu trop dans un flou privé de repères clairs.
Parmi les quelques points forts du film, il convient de distinguer l'interprétation intense de Sandra Hüller, justement récompensée par le prix d'interprétation féminine au dernier festival de Berlin. Elle monte et descend avec une aisance remarquable l'échelle des émotions, en opérant des transformations d'aspect physique et d'attitude assez impressionnantes. On croirait presque y voir chaque fois une actrice différente, entre l'adolescente pas sûre d'elle au début, l'étudiante qui découvre une vie faite de libertés et de responsabilités au milieu, et l'être étrangement sérein à la fin du film, en dépit de tous les abus qu'elle subit et qu'elle s'inflige elle-même.
Enfin, pour l'avoir vécu en partie nous-mêmes, nous pouvons affirmer que le portrait que le film dresse d'un certain milieu bourgeois et maladivement catholique en Allemagne est des plus justes. Mais cette vie régie par des rites et des traditions n'est pas vraiment propice à une trame dramatique forte, ou en tout cas, elle ne l'est pas sous l'effet diluant d'une réalisation un brin trop prétentieuse et pas assez impliquée.
Vu le 26 septembre 2006, au Club de l'Etoile, en VO
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10