Nick's Movie
Réalisé par Nicholas Ray, Wim Wenders (1980)
Docu-fiction
| Durée | 90 minutes |
| Sortie | 31/10/1980 |
| Note | 7/10 |
En avril 1979, le réalisateur Wim Wenders rend visite à son ami Nicholas Ray, atteint d'un cancer en phase terminale, à New York. Les deux cinéastes commencent à tourner un film ensemble, qui est censé rendre compte des derniers jours de Ray.
Les critiques
Par Tootpadu 24/08/2007
La séparation entre la réalité et la fiction, entre la mise en scène et la mise à nu, s'efface rapidement dans ce film étrange, mais passionnant. A travers la tentative de se rapprocher une dernière fois de son ami Nicholas Ray, qui va pourtant l'en éloigner par les priorités artistiques et logistiques de la création cinématographique, Wim Wenders déclenche une mise en abîme presque expérimentale de l'acte de faire un film. Cela peut sonner prétentieux et trop théorique, mais au final, cette élégie à un grand maître du cinéma se dévoile comme une leçon intuitive très stimulante.
Le voyeurisme sommeille en quelque sorte au fond de ce récit, en partie romancé, sur les dernières semaines de la vie de Ray. Cependant, il n'est nullement question ici de remarquer les moindres signes de faiblesse et de décomposition, ou d'assister en direct à l'aspect inconfortable de la maladie mortelle. Le but du film est bien plus abstrait et, par conséquent, il n'arrête pas de se dérober aux deux réalisateurs. Comme le dit si bien Ray au cours d'une conversation, l'action qui l'anime consiste à récupérer un peu de son identité face à la mort. Une ambition aussi noble que vaine, à laquelle le mourant s'attache néanmoins avec une dignité et une lucidité exemplaires.
Ce qui élève Nick's Movie néanmoins au niveau d'une oeuvre d'art, polymorphe, belle et constamment dans un état d'interrogation, c'est la démarche de Wim Wenders. Le réalisateur allemand sait évidemment qu'il lui manque une intrigue, au sens classique du terme, pour tourner un véritable dernier film avec Nicholas Ray. Ce manque se transforme toutefois chez lui en un atout de taille, puisqu'il lui permet de tâtonner avec ses caméras sans obligation envers des règles préétablies. Le monument filmique qu'il dresse alors à son ami est à peine mélancolique. Il appartient davantage aux oeuvres pas tout à fait abstraites qui osent s'interroger sur le cinéma, en dehors des sentiers battus de la narration de fiction.
Le voyeurisme sommeille en quelque sorte au fond de ce récit, en partie romancé, sur les dernières semaines de la vie de Ray. Cependant, il n'est nullement question ici de remarquer les moindres signes de faiblesse et de décomposition, ou d'assister en direct à l'aspect inconfortable de la maladie mortelle. Le but du film est bien plus abstrait et, par conséquent, il n'arrête pas de se dérober aux deux réalisateurs. Comme le dit si bien Ray au cours d'une conversation, l'action qui l'anime consiste à récupérer un peu de son identité face à la mort. Une ambition aussi noble que vaine, à laquelle le mourant s'attache néanmoins avec une dignité et une lucidité exemplaires.
Ce qui élève Nick's Movie néanmoins au niveau d'une oeuvre d'art, polymorphe, belle et constamment dans un état d'interrogation, c'est la démarche de Wim Wenders. Le réalisateur allemand sait évidemment qu'il lui manque une intrigue, au sens classique du terme, pour tourner un véritable dernier film avec Nicholas Ray. Ce manque se transforme toutefois chez lui en un atout de taille, puisqu'il lui permet de tâtonner avec ses caméras sans obligation envers des règles préétablies. Le monument filmique qu'il dresse alors à son ami est à peine mélancolique. Il appartient davantage aux oeuvres pas tout à fait abstraites qui osent s'interroger sur le cinéma, en dehors des sentiers battus de la narration de fiction.
Vu le 23 août 2007, au Max Linder, en VO
★★★★★★★☆☆☆
7/10
Par Mulder 30/09/2003
À venir