Canardeur (Le)
Réalisé par Michael Cimino (1974)
Action
| Durée | 113 minutes |
| Sortie | 04/09/1974 |
| Note | 6/10 |
Après un coup qui a mal tourné, le braqueur Thunderbolt a essayé de se faire oublier pendant quelque temps, en endossant l'habit d'un prédicateur itinérant. Mais ses anciens complices, empressés de récupérer leur part du butin, l'ont vite retrouvé. La rencontre littéralement accidentelle avec Lightfoot, un jeune insouciant, permettra alors à Thunderbolt de se remettre en selle et de tenter encore un dernier grand coup.
La critique
Par Tootpadu 12/07/2005
Dans son premier film, Michael Cimino fait preuve d'une sobriété qui fera cruellement défaut dans son travail ultérieur. Presque entièrement au service d'un scénario fort solide, il ne s'adonne pas encore aux morceaux de bravoure qui causeront plus tard sa gloire et sa perte. Quelques éléments clés de son vocabulaire esthétique apparaissent évidemment déjà, comme sa prédilection pour les grands espaces, la fumée et les voitures virevoltantes, mais dans l'ensemble, il évite soigneusement de se mettre en avant. La force du film réside alors dans son histoire, une variation curieuse sur le thème éternel du braquage d'une banque.
Curieuse, puisque l'exécution du plan est principalement un prétexte pour observer la méchanique du groupe des braqueurs et surtout le rapport inhabituel entre le criminel aguerri et le jeune exubérant. La relation affectueuse entre Thunderbolt et Lightfoot, qui est même à l'origine du titre américain du film, se dérobe en effet à toute tentative de classification. Il ne s'agit pas tellement d'un lien d'apprentissage par lequel le vieillissant transmettrait son savoir au jeune, pas plus que d'un coup de jouvence qui redonnerait à Thunderbolt des ailes. Le dispositif nous paraît en effet beaucoup plus complexe, notamment à travers un humour caustique très inhabituel chez Cimino et le personnage énigmatique de Lightfoot. Alors que le film n'a point à s'inquiéter d'une pénurie d'individus cocasses grâce aux couples victimes, au conducteur fou aux lapins, et au surveillant frustré, Lightfoot se distingue malgré tout par son comportement et son destin irrationnels.
Curieuse, puisque l'exécution du plan est principalement un prétexte pour observer la méchanique du groupe des braqueurs et surtout le rapport inhabituel entre le criminel aguerri et le jeune exubérant. La relation affectueuse entre Thunderbolt et Lightfoot, qui est même à l'origine du titre américain du film, se dérobe en effet à toute tentative de classification. Il ne s'agit pas tellement d'un lien d'apprentissage par lequel le vieillissant transmettrait son savoir au jeune, pas plus que d'un coup de jouvence qui redonnerait à Thunderbolt des ailes. Le dispositif nous paraît en effet beaucoup plus complexe, notamment à travers un humour caustique très inhabituel chez Cimino et le personnage énigmatique de Lightfoot. Alors que le film n'a point à s'inquiéter d'une pénurie d'individus cocasses grâce aux couples victimes, au conducteur fou aux lapins, et au surveillant frustré, Lightfoot se distingue malgré tout par son comportement et son destin irrationnels.
Vu le 11 juillet 2005, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 4, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10