Kick-ass

Kick-ass
Titre original:Kick-ass
Réalisateur:Matthew Vaughn
Sortie:Cinéma
Durée:117 minutes
Date:21 avril 2010
Note:
Dave Lizewski est un adolescent comme les autres : mal dans sa peau et rêvant d’un monde meilleur, où les filles cesseraient de l’ignorer et où sa prof d’anglais satisferait tous ses fantasmes pubères. L’achat d’une combinaison de super-héros lui donne des ailes et il s’invente une identité parallèle, celle de Kick-ass, qui viendrait au bout des petits malfrats et en aide aux chats égarés. Après quelques soucis au démarrage, l’existence héroïque de Dave prend de la vitesse, lorsque ses exploits courageux gagnent une popularité inattendue, grâce à leur diffusion sur internet. Mais pour l’instant, ce héros improvisé ne tire aucun bénéfice de son invention chevaleresque dans la vie quotidienne. Au contraire, la fille de ses rêves croit qu’il est gay et de véritables super-héros montrent à cet amateur que la lutte contre le crime organisé n’est pas que de la rigolade.

Critique de Tootpadu

Ces dernières années, les films de super-héros ont gagné une telle popularité, qu’il est devenu difficile d’innover désormais dans ce genre, soumis à un catalogue lourdement chargé en impératifs formels. Batman, Superman, Spider-man, Iron Man, ou Hulk : ces sauveurs plus ou moins improbables de l’humanité répondent tous, non pas à un code éthique exemplaire, mais plutôt à une formule cinématographique soigneusement affinée - après chaque déconvenue commerciale majeure comme Hulk de Ang Lee, Daredevil de Mark Steven Johnson ou Elektra de Rob Bowman -, qui ne laisse pratiquement plus aucune place pour les surprises, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Les fans indécrottables du genre y trouveront certes toujours leur compte, mais pour le spectateur ordinaire, la sensation d’essoufflement et de répétition au sein de ce genre encore relativement jeune, en tout cas dans sa monture actuelle, soutenue par les gros sous des studios, est clairement perceptible. Quelle joie alors de découvrir ce film jubilatoire, qui nous inspire presque un air de contre-culture, grâce à la fraîcheur du ton et le mélange hardi de genres qu’il opère sans la moindre inhibition !
En réalité, le troisième film du réalisateur Matthew Vaughn ne constitue pas autant une innovation radicale que plutôt une relecture hautement astucieuse du genre et de tout ce qui y a trait, de près ou de loin, dans la culture populaire contemporaine. Le jeu habile des références auquel il s’adonne avec une passion et une perspicacité bluffantes le rapprocherait presque de l’autre usine filmique à commentaires sociaux, finement tissés dans la trame d’une histoire entièrement divertissante. Sauf que, contrairement au point de vue malgré tout politiquement correct des productions Pixar, Kick-ass s’est vu administrer également une bonne dose d’ultra-violence, dans la lignée de Kill Bill de Quentin Tarantino. Quand les truands sont trucidés sans pitié et quand les tripes d’un traître présumé explosent sur la vitre d’un four micro-ondes géant, le film renoue brillamment avec un cinéma populaire jouissif, qui a déserté les écrans aseptisés des multiplexes et qui doit désormais se contenter de servir de référence aux réalisateurs l’ayant sans doute découvert en vidéo pendant leurs années formatrices. Pourtant, la violence n’est pas mise en valeur avec autant de panache ici, uniquement pour amuser la galerie ou pour éviter de justesse au film une interdiction aux spectateurs de moins de douze ans. Elle a toujours aussi trait à la réalité, comme pour mieux souligner qu’avant de maîtriser parfaitement les arts martiaux ou de tirer à tout va avec un bazooka, le jeune héros improbable s’est bien fait poignarder misérablement sur un parking.
Le rapprochement sporadique de la fiction et de la réalité, avec la mort abrupte d’un anévrisme ou ces badauds qui préfèrent mater au lieu d’intervenir, n’est cependant que la cerise sur le gâteau d’un film sensiblement plus redevable à la comédie pour ados. La mise en scène excelle en effet dans un mélange de genres, dont le ton irrévérencieux ne relève point de la parodie opportuniste, mais d’une vision décalée et imprévisible des choses. Derrière le feu d’artifice de répliques assassines et de scènes d’action pas moins meurtrières se cache probablement une philosophie assez nihiliste, qui ne se fait guère d’illusions sur l’utilité du combat héroïque contre une pègre omniprésente. Mais c’est précisément cette lucidité supérieure, dans le fond et dans la forme, qui a fini par nous subjuguer.

Vu le 24 mai 2010, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 23, en VO

Note de Tootpadu:

Critique de Mulder

A Ludo, Tobias, Sylvain, Charly et Thirith mes side-kicks

Le film de super-héros est une thématique revenue à la mode, suite aux succès planétaires de films comme The Dark knight Le Chevalier noir, Iron Man, et Spider-man 3. Tôt ou tard, il fallait s'attendre à ce qu'un auteur de comics vienne dynamiter les empires DC Comics et Marvel Comics.

La bande dessinée « Kick ass », publiée depuis avril 2008 aux Etats-Unis par Marvel Comics, sous le label Icon, a été créée par le scénariste Mark Millar et le dessinateur John Romita Jr. Le label Icon permet aux auteurs de rester propriétaires de leurs personnages. Ce comics suit les traces d'un geek, décidé à faire régner la paix dans son quartier, en enfilant un costume inspiré de Spider-man notamment. Il sera aidé par Hit girl, une enfant surdouée en art de se battre et de tuer. Le potentiel énorme de ce comics avait de quoi attirer l'attention de Hollywood. Le film sorti il y a peu est le plus bel hommage que l'on puisse rendre aux comics. Un film dont on ressort avec l'envie de retourner le voir.

L'atout principal de ce film est qu'il dynamite le monde des comics et témoigne d'une geek-attitude sincère. La présence au casting de Nicolas Cage a dû permettre aux producteurs de récolter une manne financière pour monter ce film. Cet acteur retrouve enfin un démarrage à sa carrière, après quelques échecs artistiques. Son petit rôle lui permet de montrer une fois de plus qu'il est un excellent comédien, lorsqu'il est bien encadré et surtout inspiré par une thématique qu'il adore (il a appelé son fils Kal-El).

Mais la vraie force de ce film tient surtout à la présence de Chloe Moretz en Hit girl. L'humour et la combativité de cette jeune tueuse font que le film emporte notre totale adhésion. Toutes les scènes la mettant en action et toutes ses phrases ont de quoi devenir cultes. Le héros de ce film ne serait rien sans son side-kick. Cette jeune actrice, que l'on avait déjà pu remarquer dans l'excellent 500 jours ensemble a l'étoffe d'une très grande actrice et elle devrait avoir une carrière jonchée de trophées.

Ce film sans temps mort a vu sa sortie aux Etats Unis interdite aux moins de 17 ans non accompagnés, dû à des scènes d'une rare violence et des propos assez osés pour un film adapté d'un comics. On retrouve ici des scènes mémorables du premier Spider-man, d'un James Bond (gadget vu à la fin), de Daredevil et des clins d'œil très bien venus comme la présence de Stan Lee.

Pour réaliser un bon comics live, ce film s'impose comme l'exemple parfait, soit partir d'une réalité dite normale et y apposer des êtres hors du commun. Un bon scénario sans temps mort, plein de rebondissements, des scènes d'action, des acteurs convaincants et une musique permettant au spectateur de rentrer en plein dans l'action.

Là où Iron Man 2 ne réussit pas totalement son objectif, Kick-ass vise juste et s'impose comme une réussite majeure. La fin ouverte du film laisse penser qu'une suite pourrait se faire. Ce n'est qu'une question de temps avant que Kick-ass et Hit girl reviennent botter le cul à la mafia locale.

Ce film s'impose de loin comme un des meilleurs de cette année, à voir et à revoir avec le même plaisir.

Vu le 27 avril 2010, au Gaumont Disney Village, Salle 1, en VF

Revu le 15 septembre 2013 en Blu-ray, VO

Note de Mulder: