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SDCC 2026 : Hiroshi Kanatani rend hommage à la pérennité de l'art des kaiju

SDCC 2026 : Hiroshi Kanatani parle de Godzilla, d'Ultraman, de Gamera et des illustrations de kaiju dessinées à la main

Lundi 27 Juillet, 9h59 San Diego, San Diego Convention Center, Booth 2304 22/07/2026 → 26/07/2026

Le Comic-Con de San Diego est depuis longtemps un carrefour pour la bande dessinée, le cinéma, la télévision, les objets de collection et les cultures de fans du monde entier. L'édition 2026 s'est déroulée du 23 au 26 juillet au San Diego Convention Center, après la « Preview Night » du 22 juillet. Dans ce contexte international, Hiroshi Kanatani a présenté au stand 2304 un aspect particulièrement personnel de la culture pop japonaise : des monstres, des super-héros et des mangas dessinés à la main, inspirés par une fascination de longue date pour les kaiju et le tokusatsu.

Né et ayant grandi dans la préfecture de Kagawa, sur l’île de Shikoku, Hiroshi Kanatani décrit son enfance comme le point de départ de tout ce qu’il fait aujourd’hui. Il se souvient avoir été de constitution fragile dans sa jeunesse et avoir passé beaucoup de temps à dessiner, à regarder la télévision et à aller au cinéma. Les héros, les monstres géants et les animaux sont devenus des obsessions récurrentes. Ce détail permet d'expliquer une caractéristique importante de son art : ses kaiju ne sont pas simplement des menaces gigantesques. Il les aborde avec le regard de quelqu’un de fasciné par les créatures vivantes, les silhouettes, le mouvement et la personnalité.

Cette passion s'est transformée en une carrière internationale. Sa biographie officielle mentionne des mangas et des illustrations publiés au Japon, aux États-Unis, à Hong Kong, à Macao et à Taïwan, tandis que les biographies présentées lors de conventions évoquent également des projets liés à de grandes franchises et entreprises japonaises. Parmi ses réalisations, on peut citer des commandes liées à Godzilla pour TOHO, des travaux sur Ultraman et Dinosaur War Izenborg pour Tsuburaya Productions, des illustrations de Gamera pour Kadokawa, ainsi que des mangas inspirés des héros de P-Production tels que Spectreman, Lion Maru et Electroid Zaborger. Ses propres créations comprennent notamment « Coaraptor : Kaiju of the Wind » et « Kaiju Cooking ».

Godzilla et Ultraman : deux icônes, une fascination qui dure toute une vie

Interrogé sur le fait de passer d’un univers aussi emblématique que celui de Godzilla à celui d’Ultraman, Hiroshi Kanatani n’a pas présenté cette distinction comme une rivalité. Il a plutôt insisté à plusieurs reprises sur son enthousiasme : l’extraordinaire notoriété de Godzilla aux États-Unis, la popularité durable du personnage au Japon, ainsi que le plaisir qu’il prend à dessiner de nombreux kaiju différents. Pour lui, le Comic-Con est précieux précisément parce que les mêmes images peuvent susciter des échanges avec des fans de différents pays.

Ultraman occupe une place tout aussi personnelle. Dans une autre interview donnée lors du SDCC de 2026, Hiroshi Kanatani a expliqué qu’il regardait Ultraman depuis son enfance et qu’il considérait ce héros comme l’une de ses principales sources d’inspiration. Son lien professionnel avec cet univers perdure depuis des années, et son portfolio officiel recense de nombreux titres liés à Tsuburaya. Cette relation transparaît également dans *All Ultraman Sketch Gallery*, un livre d’art bilingue de 112 pages à couverture rigide dont la sortie mondiale est prévue le 1er septembre 2026 par PIE International.

Cette association est inhabituelle et révélatrice. Hiroshi Kanatani travaille sur des univers aux histoires bien distinctes, mais son langage visuel les relie grâce à son attachement à la culture des effets spéciaux pratiques, à la conception de créatures et à la clarté dramatique de l’illustration manga. Au SDCC, le résultat s’apparentait moins à une vitrine promotionnelle qu’à une réflexion sur les raisons pour lesquelles ces personnages perdurent : ils restent visuellement saisissants, émotionnellement compréhensibles et infiniment adaptables.

Faire revivre les héros classiques du tokusatsu pour les nouvelles générations

Au-delà de Godzilla, Ultraman et Gamera, personnages de renommée internationale, Hiroshi Kanatani a consacré une grande partie de son énergie à des œuvres de tokusatsu plus anciennes. Au cours de notre entretien, il a souligné son respect pour ces héros classiques tout en expliquant que, pour les faire redécouvrir par un jeune public, il fallait parfois réécrire les histoires plutôt que de se contenter de les reproduire. L’objectif est de préserver ces œuvres en les rendant à nouveau accessibles : conserver l’identité de l’original tout en trouvant une forme capable de parler à une autre génération.
Ses crédits publiés témoignent de cet intérêt très vaste. Le site officiel de l’artiste répertorie des travaux liés à Lion Maru, Electroid Zaborger, Dinosaur War Izenborg, Spectreman et d’autres productions japonaises à effets spéciaux. Sa carrière constitue ainsi une sorte de carte vivante de l’histoire du tokusatsu, qui s’étend bien au-delà de la poignée de marques déjà connues du grand public occidental.

Ce rôle de passerelle revêt toute son importance lors d’un salon tel que le SDCC. Les fans qui viennent parce qu’ils reconnaissent Godzilla ou Ultraman peuvent découvrir toute une lignée de héros et de monstres de la télévision japonaise grâce au stand d’un seul artiste. Hiroshi Kanatani a déclaré que le tokusatsu connaît un essor mondial et que présenter son travail à l’international reste pour lui à la fois un plaisir et une source d’intérêt. Son objectif, pour le dire simplement, est de faire découvrir le tokusatsu japonais au public du monde entier.

Gamera, les monstres géants et le plaisir de rencontrer les fans

Lorsque la conversation a dérivé sur Gamera et ses futurs projets, Hiroshi Kanatani est resté discret sur les détails, mais s’est montré enthousiaste quant à ce terrain de création. Sa réponse est revenue sur l’attrait fondamental que représente la grandeur : il adore dessiner des monstres géants, le public américain apprécie manifestement ces monstres géants, et les conventions lui permettent d’échanger directement sur ces créatures avec les personnes qui s’y intéressent.

Cette interaction avec les fans est au cœur de sa vision du Comic-Con. Plutôt que de considérer une participation à un salon uniquement comme un moyen de vendre des livres ou des tirages, il décrit le SDCC comme une occasion de rencontrer des fans, des amis et des partenaires commerciaux, tout en présentant son travail au plus grand nombre. Sa biographie officielle fait état de participations à de nombreux salons en Amérique du Nord et en Asie, notamment le Comic-Con de San Diego, le G-FEST, le C2E2, le MEGACON, ainsi que des événements à Tokyo, Osaka, Macao et Taïwan.

Sa série originale montre également avec quelle aisance il passe de l'hommage à l'invention. *Kaiju Cooking* transforme les conséquences des combats entre monstres géants en un scénario culinaire humoristique, en suivant la restauratrice Haruka Ohara alors que les ravages causés par les kaiju deviennent de manière inattendue une source d'ingrédients. La série s'est poursuivie avec des parutions en 2025 et 2026, rappelant avec humour que les récits mettant en scène des kaiju peuvent aller bien au-delà des scènes de destruction et des horizons urbains.

L'art dessiné à la main à l'ère de l'intelligence artificielle

La partie la plus actuelle de notre discussion a porté sur l’intelligence artificielle. Hiroshi Kanatani a reconnu que les images générées par l’IA occupaient désormais une place prépondérante au Japon et que les résultats pouvaient être magnifiques. Sa réponse n’a toutefois pas consisté à imiter cette technologie, mais à réaffirmer ce qu’il considère comme la particularité de sa propre pratique : le dessin à la main.

Pour Hiroshi Kanatani, l'originalité est indissociable du processus créatif de l'artiste et de l'expérience qu'il a accumulée. Chaque monstre qu'il dessine porte en lui les traces des émissions télévisées de son enfance, de ses observations d'animaux, de décennies passées à créer des mangas et de ses contacts directs avec ses fans. Cela ne rend pas pour autant les outils numériques inutiles, mais cela explique pourquoi il estime que l'illustration dessinée à la main conserve une valeur qui ne peut se réduire à un simple aspect esthétique.

Au SDCC 2026, cette position semblait particulièrement pertinente. Le Comic-Con est de plus en plus une vitrine pour les industries mondiales du divertissement, mais il reste ancré dans les artistes, les pages, les croquis, les dédicaces et les rencontres en face à face. La présence de Hiroshi Kanatani illustrait parfaitement cette continuité : les personnages légendaires peuvent traverser les océans, les anciens tokusatsu peuvent trouver de nouveaux lecteurs, et le dessin traditionnel peut rester tourné vers l’avenir sans renier la main qui l’a créé.

Photos et vidéo 4K : Boris Colletier / Mulderville

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