Kingdom of Heaven

Réalisé par Ridley Scott (2005)

Aventure
Kingdom of Heaven
Durée 145 minutes
Sortie 04/05/2005
Note 5/10

L'aventure extraordinaire d'un homme ordinaire, précipité dans un conflit qui va durer des décennies : les croisades. Etranger sur une terre qui lui est étrangère, il va servir un roi condamné, s'éprendre d'une troublante et inaccessible reine avant d'être fait chevalier. Il lui faudra protéger les habitants de Jérusalem, dont une immense armée a entrepris le siège, sans jamais cesser de lutter pour maintenir une paix fragile...
http://www.kingdomofheaven-lefilm.com/
(Source Allociné)

La critique

Par Tootpadu 15/06/2011

A la comparer avec Gladiator, un exercice aussi futile qu'inévitable, cette nouvelle épopée de Ridley Scott s'en sort assez mal. S'il existe bien de nombreux points communs, chaque élément de répétition dans Kingdom of Heaven est moins glorieux et vicieux que dans les aventures de l'histoire ancienne précédentes. Ainsi, l'impression de déjà-vu est accablante et accentuée encore par une mise en scène la plupart du temps laborieuse.
Bien qu'il soit de bonne guerre d'admettre que Scott ne disposait pas d'un scénario solide pour ce film, son style visuel sans originalité, ni beauté, et son renforcement de l'aspect morcelé du récit ne font qu'en amoindrir encore l'effet. Alors que les événements de l'histoire ne sortent que très rarement des sentiers battus depuis la nuit du péplum, avec ses méchants sans scrupules, ses héros visionnaires et le côté féminin comme éternel souffre-douleur, la pierre d'achoppement presque incompréhensible se trouve en la personne de Balian, un héros qui dispose d'autant d'incohérences que d'originalité. Le premier revirement notable s'opère en effet lorsque ce personnage en tous points exemplaire jusque là ne fait pas ce que l'on attend de lui. Une décision qui ne trouve pas de véritable justification par la suite, mais qui permet au moins, comble d'une narration forcée, de précipiter les méchants dans leur perte et d'élever Balian au rang de chevalier parfait. Pas assez cependant de ce point cardinal hautement discutable, puisque le personnage principal reste, jusqu'à la fin, opaque.
Interpreté d'une façon toujours aussi fade par un Orlando Bloom sans charme, ni conviction, il incarne une passivité et un manque relatif d'ambition peu séduisants. Ses actions peuvent alors surprendre, mais sa modération sans lacune fait de lui un héros fatalement inintéressant. Peu importe si ses décisions sont justifiées, voire intelligentes, elles servent d'indice pour la raison d'être modeste d'un homme qui ne veut être qu'un forgeron et qui, par miracle scénaristique, se révèle comme maître de guerre rusé et adroit. Son manque de convicition limité n'est guère renforcé par des relations très conventionnelles qui ressemblent plus à des passages obligés sans vie (notamment sa relation avec la reine), qu'à des évidences percutantes issues d'un flux narratif de toute façon inexistant. Les faits parlent alors pour eux-mêmes, lorsque le roi malade et caché derrière un masque de fer génère plus d'émotions que ce héros de pacotille.
Il existe néanmoins un moment où toutes les insuffisances scénaristiques et toute la mise en scène fatiguée et froide des deux heures presque ennuyeuses qui ont précédé trouvent le semblant d'une rédemption : la bataille finale de Jérusalem et son issue en parfait accord avec la gentillesse du film dans son ensemble ne feront probablement pas date, mais elles déploient suffisamment de vigueur pour commencer à pardonner les inepties très molles que nous avons dû subir auparavant. Rien que pour se terminer avec un épilogue qui retrouve les eaux calmes et paisibles de la médiocrité cinématographique.

Vu le 5 mai 2005, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 1, en VO

Si la version longue de ce film, uniquement disponible en DVD, accentue encore un peu plus les similitudes avec Gladiator, tout en les renforçant, elle procède avant tout à un enrichissement très appréciable de l'intrigue. Sous cette forme, Kingdom of Heaven n'est certes toujours pas un chef-d'oeuvre, mais il devient un péplum très solide et engageant, en dépit de l'utilisation abusive du ralenti par le réalisateur Ridley Scott.

Vu le 20 août 2009, en DVD, en VO (version Director's Cut - 185 minutes) 3/5
Revu le 14 juin 2011, en DVD, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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