Man to man

Réalisé par Régis Wargnier (2005)

Drame historique
Man to man
Durée 122 minutes
Sortie 13/04/2005
Note 5/10

En 1870, un anthropologue écossais ramènent en Europe deux pygmées qui deviendront des bêtes de foire. Il va alors s'acharner à prouver que ces indigènes sont des hommes à part entière et non des animaux destinés à faire sensation dans les zoos.
(Source Allociné)

La critique

Par Tootpadu 16/05/2005

Les bonnes intentions ne font pas automatiquement de bons films. La preuve avec ce drame sur les ravages d'une science aveugle au XIXème siècle. Il nous est ainsi aisé de deviner le chemin que l'enlèvement des deux pygmés va prendre, avec cette prise de conscience oh si noble, qui arrivera cependant trop tard pour contrer l'esprit borné de l'époque. Dans cette histoire débordante d'une humanité affichée et dépourvue d'une évocation crédible du passé, les caractéristiques des personnages ne changent jamais, puisque les méchants le restent jusqu'au bout et que le héros deviendra miraculeusement le complice des indigènes abusés. Seulement à un instant, cette attribution sommaire fait preuve d'un piquant presque salutaire, lorsque les aristocrates si bienveillants font tout d'un coup preuve de bigoterie et d'hypocrisie. Hélas, la démarche engoncée du film ne subit jamais une pareille mise à nu.
Toutefois, si le postulat moral de la production peut paraître un peu trop ambitieux pour un réalisateur de la trempe, moyenne, d'un Régis Wargnier, c'est avant tout la structure dramatique du film qui déçoit. L'obstination avec laquelle le réalisateur et scénariste force ses personnages dans le cadre artificiel et préétabli de la narration se focalise en la personne de Mme Van Den Ende, le rôle inconsistant de Kristin Scott Thomas. Sans se soucier d'un minimum de justification ou de cohérence, Wargnier oblige ce personnage pourtant important de suivre aveuglement les sursauts moraux du docteur Dodd. Il en résultent des scènes d'une maladresse gênante, comme le spectacle au zoo orchestré par Dodd ou l'adieu dans la cour perturbé par l'ancien assistant. Cette désinvolture malséante d'imposer aux personnages des revirements contre nature ou tributaires des clichés les plus bancals se retrouve bien trop régulièrement tout au long du film.
Une tentative assez mal ficelée de rendre compte d'un goût pervers pour l'exotique diforme à une certaine époque, qui nous fait amèrement regretter Elephant Man, incomparablement meilleur.

Vu le 12 mai 2005, à l'UGC Ciné Cité Bercy, Salle 23, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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