Too late
Réalisé par Dennis Hauck (2016)
| Durée | 107 minutes |
| Sortie | 18/03/2016 |
| Note | 7/10 |
L’enquêteur privé Mel Sampson (John Hawkes, nominé à l’Academy Award) est sollicité afin de découvrir les tenants et aboutissants de la disparition d’une femme qui appartient à son passé. Avec ce coup monté familier, TOO LATE prend sa source dans les origines classiques du genre privé et le met en pièces, le transformant en une tapisserie de la Caroline du Sud et en une ménagerie de personnalités excentriques et d’âmes en peine qui l’habitent. De la désolante et envahie Radio Hill au luxueux penthouse de standing du Beverly Hilton, le film présente une vue étendue de Los Angeles, de l’indécouvrable à l’iconique. Au final, TOO LATE nous conte l’histoire d’une femme disparue mais nous dépeint le portrait d’un homme perdu.
La critique
Par Mulder 20/11/2016
Too late premier film écrit et réalisé par Dennis Hauck est aussi surprenant qu’original par sa forme que par son histoire décomposée en cinq actes. Derrière un hommage évident au cinéma qu’affectionne tant Quentin Tarantino, le réalisateur nous livre un portrait de Los Angeles à travers une galerie de personnages atypiques. On suit donc le parcours d’un enquêteur privé Mel Sampson engagé pour retrouver une jeune femme qu’il a connue et aimée dans son passé tortueux. L’histoire pourtant simpliste par sa forme ne semble ici qu’un prétexte et un terrain de jeu pour ce jeune réalisateur souhaitant proposer un film différent aussi efficace que sobre par sa réalisation.
Il fallait oser proposer un film composé de cinq plans séquence d’une vingtaine de minutes sans aucune coupure et surtout d’une fluidité parfaite. Alors que des réalisateurs comme Michael Bay semble vouloir utiliser un maximum de plans quitte à arriver à une overdose cinématographique, le réalisateur Dennis Hauck cherche plutôt à revenir à l’essence des films des années 70 dans lesquels de nombreux thrillers et polars présentaient de nombreux et long dialogues et surtout un véritable regard de réalisateur. Filmé en 35mm, le film se retrouve non seulement original par son scénario mais aussi par cette manière de revenir à l’essence même du cinéma.
Le réalisateur a su également s’entourer d’un casting original dans lequel on retrouvera dans le rôle principal du détective Mal Sampson, John Hawkes (Everest (2015), Lincoln (2012)..) mais aussi Jeff Fahey, Robert Forster, Dash Mihok et les comédiennes Crystal Reed (Teen Wolf), Dichen Lachman (Dollhouse) et Sydney Tamaiia Poitier. Ce casting majoritairement féminin se révèle parfaitement en phase avec la volonté du réalisateur de ressusciter l’atmosphère des films noirs. On aurait juste voulu avoir des dialogues un peu moins mécaniques et vivants pour être totalement conquis.
Le cinéma américain indépendant trouve avec Too late l’un de ses meilleurs représentants. Même si le film est imparfait notamment par les séparations entre ces cinq parties, il bénéfie d’une photographie soignée et surtout d’un casting réussi. En voulant suivre les traces du cinéma de Quentin Tarantino le réalisateur se révèle être un élève plutôt doué même si son film manque d’effets spectaculaires et présente quelques incohérences notables.
Vu le 19 novembre 2016 en copie privée et VO non sous-titrée