L'idéal
Réalisé par Frédéric Beigbeder (2016)
| Durée | 90 minutes |
| Sortie | 15/06/2016 |
| Note | 6/10 |
L'ancien concepteur-rédacteur Octave Parango de « 99 francs » s'est reconverti dans le "model scouting" à Moscou. Cet hédoniste cynique mène une vie très agréable dans les bras de jeunes mannequins russes et les jets privés de ses amis oligarques... jusqu'au jour où il est contacté par L'Idéal, la première entreprise de cosmétiques au monde, secouée par un gigantesque scandale médiatique. Notre antihéros aura sept jours pour trouver une nouvelle égérie en sillonnant les confins de la Russie post-communiste, sous les ordres de Valentine Winfeld, une directrice visuelle sèche et autoritaire...
La critique
Par Mulder 27/06/2016
L’idéal marque le retour à la réalisation du romancier Frédéric Beigbeder et surtout la suite des aventures d’Octave Parango triste héros du film 99 francs de Jan Kounen (2007). Du milieu de la publicité, l’ ancien rédacteur et homme du monde de la publicité s’est reconverti dans la recherche de top models en Russie. C’est le comédien Gaspard Proust qui reprend le rôle principal. Son personnage témoigne toujours de la même volonté de vivre pleinement sa vie sans se soucier d’aucune déontologie ni code moral. En cela le film retrouve parfaitement le ton du livre Au secours pardon. Il n’aura pas fallu moins de cinq scénaristes pour réussir à adapter ce pamphlet sarcastique contre l’univers de la mode. Le réalisateur est ainsi épaulé dans l’écriture du scénario de son propre roman par Nicolas Charlet, Bruno Lavaine, Yann Le Gal et Thierry Gounaud. Dans la même veine que récemment Zoolander 2 (2016) démonte avec un véritable humour le milieu du mannequinat et de ses grandes compagnies vendant du rêve tout en méprisant totalement leurs clients.
Le réalisateur s’est toujours inspiré de son univers pour donner vie à ses personnages et surtout donner une version idéalisée de lui-même. Ce n’est donc pas un pur hasard si le personnage principal lui ressemble ni si le réalisateur apparaît dans une des scènes du film. De la même manière le réalisateur s’est entouré de deux comédiens avec lesquels il avait travaillé sur son premier film Gaspard Proust et Jonathan Lambert campent à la perfection les travers de notre société avec un tel aplomb qu’il est impossible d’y résister. Le ton totalement sarcastique du film et sa volonté d’être en permanence choquant permettent de rivaliser d’ingéniosité pour brocarder de nombreuses institutions et jouer avec les règles du politiquement correct.
Dès la première scène nous présentant l’enfance du personnage Octave Parango à ses nombreuses frasques et soirées privées (notamment une chez un milliardaire russe totalement disjoncté) montre que le réalisateur aime s’amuser avec les codes préétablis des comédies. Certes on aurait apprécié une réalisation nettement plus convaincante et prendre la continuité de Jan Kounen véritable surdoué de la réalisation. De la même manière la dernière partie du film, la plus faible semble montrer un certain essoufflement au niveau des idées et du rythme soutenu. La satire du début du film laisse peu à peu sa place à un film prônant les valeurs de la famille ce qui atténue grandement les débuts très prometteurs de ce film. L’idéal n’est donc pas une réussite mais montre bien que Frédéric Beigbeder progresse dans sa qualité de jeune réalisateur et qu’il a encore pas mal de choses à dire et à raconter sur son expérience passée.
Vu le 24 juin 2016 au Gaumont Disney Village, Salle 05