Big Short : le Casse du siècle (The)

Réalisé par Adam McKay (2015)

Comédie Dramatique
Big Short : le Casse du siècle (The)
Durée 130 minutes
Sortie 23/12/2015
Note 9/10

Wall Street. 2005. Profitant de l’aveuglement généralisé des grosses banques, des medias et du gouvernement, quatre outsiders anticipent l’explosion de la bulle financière et mettent au point… le casse du siècle ! Michael Burry, Mark Baum, Jared Vennett et Ben Rickert : des personnages visionnaires et hors du commun qui vont parier contre les banques … et tenter de rafler la mise !

La critique

Par Mulder 14/12/2015

Le livre de Michael Lewis publié en mars 2010 fut non seulement acclamé mais s’imposer comme un bestseller incontournable du moment. Son auteur un journaliste financier a pu mettre en exergue dans ce livre de manière claire et précise comment quatre outsiders ont réussi à anticiper l’explosion de la bulle financière. Décrire une telle situation économique et la rendre passionnante n’était pas chose aisée et reposait sur des personnages aussi divers que passionnants. Ainsi, ce film qui en est l’adaptation permet de suivre en parallèle le parcours de plusieurs personnages ayant une réelle connaissance du marché économique et s’étaient rendus compte de certaines malversations et des failles d’un système économique. Après avoir présenté le personnage Michael Burry, un ex-neurologue devenu gestionnaire de fonds, le film s’attache à nous présenter en parallèle le personnage de Mark Baum ayant lui aussi prédit cet éclatement financier mais aussi les personnages Jared Vennett et Ben Rickert. Comme le livre, le film réussit le pari audacieux de capter toute notre attention malgré un sujet économique tortueux. Le recours des scénaristes Adam McKay et Charles Randolph à utiliser certains apartés avec des comédiennes au physique attractif telles Margot Robbie ou encore Selena Gomez est aussi original que réussi.

Le réalisateur Adam McKay qui s’était cantonné jusqu’à ce film à des comédies irrévérencieuses mettant en avant les travers du journalisme (Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy (2004), Légendes Vivantes (2013)), du monde de courses (Ricky Bobby : roi du circuit) mais aussi de la police (Very Bad Cops (2010)) plus ou moins convaincantes signe ici tout simplement son meilleur film. Il s’agit également de son premier sans le comédien Will Ferrell et surtout le plus sérieux. Ainsi, loin d’être une satire de plus, The big Short, le casse du siècle est un constant sanglant des travers du système capitaliste. A regarder de plus près, ces différentes histoires qui s’entremêlent nous rappellent beaucoup des films comme Short Cut de Robert Altman (1993) mais en nettement plus rapides et efficaces.

L’autre force de ce film tient à son casting parfait et nous permettant de retrouver aussi bien Christian Bale, Steve Carell, Ryan Gosling, Brad Pitt, Melissa Leo et Marisa Tomei. Avec une telle distribution, le film obtient facilement le titre du meilleur casting de l’année. On échappe également à un simple défilé de comédiens très appréciés. Ceux-ci donnent à l’image de Christian Bale qui interprète Michael Burry une interprétation remarquable et s’efface devant leur personnage. Loin du cinéma hollywoodien traditionnel, Le réalisateur a su ainsi profiter d’un tel casting pour nous livrer une véritable vision de réalisateur et éviter les pires écueils purement hollywoodiens. Sa mise en scène n’est pas un simple habillage tel un vidéoclip. Au contraire il dépeint la réalité avec une telle conviction qu’il ne peut que gagner l’attention des spectateurs. Il y a non seulement une dénonciation du système capitaliste mais également comme dans ses précédents films des reproches formulés contre un système politique imparfait. Tel un reportage, le réalisateur sait parfaitement coller à ses nombreux personnages et choisir les bons plans, les bonnes scènes. Il témoigne une nouvelle fois que Christian Bale est bien l’un des meilleurs comédiens actuels, un vrai caméléon capable de changer complètement son apparence pour coller à celle de ses personnages. De la même manière Steve Carrell n’est pas qu’un simple comédien comique comme le montre si bien ce film. Dans la mouvance que sont 99 Homes (2015) et Margin Call (2012), ce film montre bien l’intérêt du cinéma américain d’exorciser ses propres démons.

The big short : le casse du siècle s’impose aisément comme l’un des films les plus intéressants de l’année. Avec ces quatre nominations aux Golden Globes (dont deux pour meilleur acteur dans une comédie, un pour meilleur scénario, un pour meilleure comédie), on se doute que celui-ci s’impose comme l’un des événements de cette fin d’année et trouvera sa place dans nos nombreuses salles de cinéma. Un cinéma intelligent porté par un casting admirable est plutôt rare et on ne peut qu’y adhérer.

Vu le 7 décembre 2015 au Club de l’Etoile , en VO

★★★★★★★★★☆ 9/10

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