Un amour d'hiver
Réalisé par Akiva Goldsman (2014)
| Durée | 118 minutes |
| Sortie | 12/03/2014 |
| Note | 5/10 |
En 1914, Peter Lake est l’un des meilleurs voleurs de New York. Ses méthodes déplaisent pourtant à son ancien patron Pearly Somes, le maître de la pègre, qui a mis sa tête à prix. Acculé par les hommes de Somes, Peter n’arrive à s’enfuir que grâce à un cheval blanc aux pouvoirs magiques. Il prévoit de quitter la ville, dès qu’il aura amassé assez d’argent par le biais de ses activités illégales. Après une nuit de cambriolage, il est sur le point de partir, quand son cheval lui indique une dernière résidence à dévaliser. Peter y fait la connaissance de Beverly Penn, une jeune femme atteinte de tuberculose, qui deviendra pourtant l’amour de sa vie.
Les critiques
Par Mulder 14/03/2014
Un amour d’hiver est le premier film de Akiva Goldsman connu jusqu’alors comme producteur/scénariste (Lost in space (1998), I am a legend (2007)) et scénariste (Batman Forever (1995), I Robot (2004), Da Vinci Code (2006)). Ce n’est donc pas un hasard fortuit de retrouver au sein du casting des comédiens avec lesquels il a déjà collaboré en qualité de scénariste. Ainsi, ont répondu à l’appel du film Un amour à New York, Russell Crowe (Un homme d’exception (2001),De l’ombre à la lumière (2005)), Jennifer Connelly De l’ombre à la lumière (2005)) et dans deux apparitions Will Smith (Je suis une légende (2007), I robot (2004)).
Les contes ont toujours été un bon matériel d’inspiration pour de nombreux scénaristes. Malheureusement sortis de leur contexte, ceux-ci peuvent soit déboucher sur de grands films (Princess Bride (2004)) soit sur des films comme un amour d’hiver assez bancal malgré un casting attrayant. Le second piège revient souvent au passage d’un scénariste reconnu derrière la caméra. Dans le cas de ce film malgré la présence de Colin Farrell enfin de retour dans un rôle principal intéressant et bien écrit, nous avons réellement du mal à suivre ce récit certes intéressant mais trop décousu. De la même manière la première partie du film se passant à New York au début du XXème siècle est trop longue et semble totalement décousu et impersonnel. Les langages ( visuel et écrit) ne sont guère les mêmes et pour son premier film Akiva Goldsman déçoit par son manque de rythme et surtout des effets
Spéciaux passés de mode (le cheval volant est réellement décevant). Dans un monde aussi cynique que le nôtre où l’homme cherche à prospérer à tout prix, ce film semble arriver trop tard. De la même manière nous faire croire que la mort fait de nous des étoiles revient à nous faire croire que la terre est plate. On ne peut donc pas croire une seul minute à cette histoire de magie, de Cendrillon et autres êtres éternels et diaboliques. Certes par moment on repense au chef d’œuvre qu’est L’histoire sans fin (1984).
En adaptant le roman Un amour d'hiver de Mark Helprin publié en 1983, le réalisateur semble ne pas avoir réussi totalement le passage de l’écrit à l’image et malgré quelques bonnes idées, nous n’arrivons pas à adhérer. Restent cependant de nombreuses scènes attachantes et surtout une seconde partie réellement réussie se déroulant de nos jours. La relation entre cette mère et sa fille gravement malade et le héros éternel interprété par Colin Farrell permet de donner un second souffle profitable à ce film.
Si le film n’avait pas été entièrement entre les mains du même auteur (producteur, scénariste et réalisateur) le film aurait sûrement été différent et aurait donné naissance à un grand film. De la même manière, cette sortie en mars ne colle pas par rapport à la thématique du film mélange de conte de Noël (la présence de la neige) et la Saint Valentin (belle histoire d’amour à travers le temps).
On imagine donc très facilement ce qu’aurait pu être ce film entre les mains d’un vrai conteur comme Rob Reiner, Gary Marshall ou encore Steven Spielberg. Là le résultat nous agace et nous fait plutôt rire (Will Smith dans le rôle de Satan, sérieux ?). Reste cependant un casting intéressant et surtout une superbe photographie de Caleb Deschanel qui donne une réelle beauté à certains plans mais c’est trop peu pour faire d’Un amour d’hiver un grand film fantastique et romantique
Vu le 10 mars 2014, à la Salle Warner, en VO
Par Tootpadu 13/03/2014
Imaginez que vous avez écrit un scénario complètement abracadabrant, un mélange fou de genres qui n’a ni tête, ni queue. Puisque vous avez déjà une certaine réputation en tant que scénariste, vous vous dites, pourquoi ne pas passer à la réalisation. Vous faites appel aux comédiens et amis dans votre carnet d’adresses et le tour est joué. Retour dans la triste réalité des impondérables du cinéma, qui ne correspond pas du tout à ce qui a dû se passer dans la tête de Akiva Goldsman. En fait, déjà sur le papier l’histoire d’Un amour d’hiver avait sans doute de quoi décourager des réalisateurs moins téméraires que ce débutant, qui se vautre du coup misérablement. Un échec cuisant et mérité, qui bénéficie toutefois d’une certaine cohérence dans l’excès. Et qui provoquera à jamais notre étonnement face à une distribution de luxe, improbable mais truffée de noms respectables, où Russell Crowe croise Will Smith et où Eva Marie Saint est le seul et unique rayon d’élégance dans un marasme narratif irrécupérable.
Le ton est rapidement donné avec ce passage chahuté d’une époque à l’autre, sur fond d’une voix off au discours philosophique hautement nébuleux. En fin de compte, le prologue sur les parents immigrés du personnage principal ne sert à rien, pas plus que la mise en abîme temporelle qui confère une complexité au récit par laquelle la mise en scène est visiblement dépassée. Ce n’est que bien plus tard, quand le mythe du coup de foudre peut agir par intermittence, que le rythme devient un peu moins chaotique. Le répit n’est hélas que de courte durée, puisque l’intrusion insistante du côté fantastique de l’intrigue, exprimé par des effets spéciaux risibles, tire invariablement le film vers le bas. L’absence préjudiciable d’un fil rouge dans ce conte indigeste produit ainsi de nombreux moments d’hilarité involontaire, comme si Akiva Goldsman se résolvait malgré lui à accentuer les éléments grotesques de l’histoire, pour nous interpeller au moins par une grandiloquence pleinement assumée.
Il n’y a rien ou presque à sauver dans ce film bâclé. Celui-ci ne laisse derrière lui que le regret amer d’y voir défiler autant de comédiens de talent, dans des emplois complètement ahurissants et dépourvus de la moindre cohérence. La magie y est souvent évoquée, mais jamais palpable à cause d’une mise en scène affreusement terne. La faute principale pour cette défaite filmique sans appel revient cependant au scénario infect, qui ressemble plus à un persiflage qui s’ignore des univers pseudo-romantiques dans l’air du temps qu’à un hymne à l’amour que l’on devrait prendre au sérieux.
Vu le 10 mars 2014, à la Salle Warner, en VO