Dark touch
Réalisé par Marina De Van (2014)
| Durée | 90 minutes |
| Sortie | 19/03/2014 |
| Note | 7/10 |
Seule rescapée du massacre de sa famille, causé par leur maison qui s'est mise à vivre et a lancé son contenu sur ses occupants, Niamh, 11 ans, est recueillie par des amis de ses parents. Mais les évènements étranges ne s'arrêtent pas pour autant.
La critique
Par Mulder 18/01/2014
Le cinéma d’épouvante et d’horreur a toujours été une terre propice à la découverte de grands réalisateurs (David Cronenberg, Sam Raimi, John Carpenter, Drew Goddard….). Il permet aussi de distinguer les hantises de ces réalisateurs et des thèmes qui leur sont chèrs. Marina De Van, réalisatrice française a la bonne idée pour son troisième film de tenter une expérience européenne. Après deux thriller (Dans ma peau (2002)) et Ne te retourne pas (2007)), elle réalise ainsi son premier film d’horreur européen. Elle rend hommage au cinéma fantastique britannique tel le classique Le Village des damnés de Wolf Rilla (1960) ainsi que d’une certaine manière à l’œuvre de Stephen King avec le fait de centrer son film dans un climat réaliste dans lequel le fantastique va prendre de plus en plus d’importance. On pense au travers de cette jeune fille Niamh (Missy Keating) au personnage de Carrie et de Charlie dans Firestarter. Le don de télékinésie de Niamh nous rappelle ainsi aussi bien ces enfants du film les villages des damnés que le personnage de Carrie.
Tel le cinéma fantastique des années 70, Marina De Van réalisatrice et scénariste préfère l’horreur psychologique à celle pure et dure. Elle joue ainsi sur un climat oppressant où les enfants occupent une part importante. Dès une des premières scènes, la réalisatrice rend hommage à cette thématique des maisons hantées tout en accordant une part importante à la thématique des enfants maltraités. Il y ainsi une dimension sociale profonde dans cette volonté de placer le film en pleine campagne et de montrer un monde loin de toute technologie moderne. La réalisatrice préfère ainsi laisser des questions en suspens aussi bien sur les sévices exercés par certains parents sur leurs enfants comme sur le passé de Niamh. Cette dernière se transformera peu à peu en un ange exterminateur en intervenant à différents moments afin de défendre les autres enfants innocents (Peter et Emily)
Marina De Van ne pouvant réaliser un tel film dans un pays guère enclin à la réalisation de films d’horreur réussit à monter son projet via un montage européen (Suède, Angleterre, France) et ainsi à avoir un contrôle réel sur son travail. Celui-ci bénéficie également d’une belle photographie de John Conroy (ayant œuvré sur la série Luther),il se situe en Irlande. Le long métrage comme la plupart des bons films d’horreur fonctionne plus sur la peur que sur un afflux conséquents de sang. Il s’impose ainsi comme l’un des meilleurs films d’horreur de ces dernières années. Mélange réussi entre le film de vengeance et d’horreur psychologique, il devrait sans aucun doute plaire à mon écrivain préféré Stephen King qui a montré récemment son attachement à la série française Les revenants.
Vu le 16 janvier 2014 au Club de l’Etoile, en VO