Minuscule La Vallée des fourmis perdues

Réalisé par Hélène Giraud, Thomas Szabo (2014)

Animation
Minuscule La Vallée des fourmis perdues
Durée 89 minutes
Sortie 29/01/2014
Note 6/10

Dans une paisible forêt, une jeune coccinelle apprend tout juste à voler qu’elle est déjà séparée de sa famille. Poursuivie par une nuée de mouches, elle réussit à s’échapper mais perd sa faculté de voler. La petite coccinelle se réfugie dans une boîte de sucres, laissée à l’abandon par un couple de futurs parents, partis à toute vitesse aux premières contractions. Or, ce trésor de nourriture intéresse aussi une colonie de fourmis noires, sous le commandement de Mandibule. Elles l’emportent avec elles, tout en faisant de la coccinelle leur principal allié dans la guerre, qui va les opposer aux fourmis rouges de Butor.

Les critiques

Par Mulder 27/02/2014

Le scénariste de l’excellente série animée Les Zinzins de l’espace Thomas Szabo épaulé par Hélène Giraud  nous propose de découvrir un film d’animation en prise de vue réelle sur lequel les insectes sont incrustés en images de synthèse. Ce procédé n’est pas nouveau vu qu’il fut utilisé dans un grand nombre de films américains mais également dans la série télévisée Minuscule (151 épisodes sur deux saisons) dont ce film est en quelque sorte la continuité. Les deux scénaristes- réalisateurs ont puisé leur inspiration dans de nombreux films de l’âge d’or du cinéma hollywoodien muet et rendent ainsi hommage à leur manière notamment à Buster Keaton et Charlie Chaplin.

Le soin apporté aussi bien au côté visuel et à l’usage convaincant de la  3D qu’au point de vue scénaristique permet de nous proposer un film d’animation original, poétique sans oublier une vision parodique de notre société. Le film démontre surtout qu’en France on est encore capable de proposer une forme d’animation différente. Ce voyage d’une coccinelle au pays des fourmis permet également de proposer de superbes vues des parcs nationaux des Ecrins et du Mercantour.

La musique du compositeur Hervé Lavandier compense l’absence de dialogues et surtout colle parfaitement à cette fresque gigantesque dans un monde minuscule. On a ainsi l’impression d’assister à un croisement à une adaptation du film Le Seigneur des anneaux et d’un western contemporain. Cette approche permet ainsi de satisfaire un public adulte et de divertir intelligemment un jeune public.

Vu le 29 janvier 2014 au Gaumont Marignan, Salle 01

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

Par Tootpadu 15/01/2014

Notre vieille règle personnelle, selon laquelle les pires bandes-annonces donnent les meilleurs films et inversement, ne s’applique pas tout à fait dans le cas présent. Il convient en effet de nuancer notre appréhension et notre ennui, tant cette production française ne fait de mal à personne. Comment en vouloir à un film aussi inoffensif et bénin que cette aventure résumée en trois phrases, dont le seul accomplissement serait d’apprendre aux plus jeunes spectateurs les valeurs de la loyauté et du respect ? Pour un public adulte, l’enseignement s’avère tout de suite plus rachitique puisqu’il se résume à l’appréciation de quelques prouesses techniques, ainsi qu’à des références cinématographiques passablement tirées par les cheveux, comme cette plongée sur la cage d’escalier en hommage à Psychose de Alfred Hitchcock.

Minuscule La Vallée des fourmis perdues fait partie de ces spectacles destinés à toute la famille qui nous laissent indifférents. La simplicité de la narration, à de rares parenthèses oniriques près, aurait pu nous charmer. Mais elle se fait un peu trop docilement le chantre d’un premier degré manichéen, où un sort funeste attend tôt ou tard les méchants et où le petit héros vaillant mènera forcément à bien ses projets. Cette forme du récit s’approche du conte, quoique d’une version dépouillée de l’enchantement d’autrefois, qui a dû céder sa place, par les temps qui courent, à un sens aigu de l’équilibre environnemental.

En somme, ce prolongement d’une idée, qui avait fait ses preuves au format court à la télévision, ravira les amateurs de divertissements consensuels, concoctés avec un certain savoir-faire formel, mais sans aucune personnalité filmique. Il fera par conséquent les beaux jours des exploitants pendant la période des vacances d’hiver, au cours desquelles tout spectateur exigeant en termes de confort et de tranquillité désertera de toute façon les salles obscures et le jour, et la nuit.

 

Vu le 15 janvier 2014, au Club de l'Etoile

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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