Angélique
Réalisé par Ariel Zeïtoun (2013)
| Durée | 113 minutes |
| Sortie | 18/12/2013 |
| Note | 4/10 |
En 1655, Angélique Sancé de Monteloup est mariée par son père au comte Joffrey de Peyrac, en échange d’une forte somme d’argent. Eclairée et insoumise, la jeune femme s’oppose par tous les moyens à ce mariage arrangé avec un homme qu’elle ne connaît pas et qui a de surcroît la réputation d’être infirme. Alors que Angélique est obligée d’épouser Joffrey, elle lui refuse pendant longtemps son lit. Jusqu’à ce qu’elle se rende compte que derrière son apparence repoussante, son mari est un homme qui aime la liberté autant qu’elle. Dès lors, elle consent à leur union, mise pourtant en danger par les luttes de pouvoir à la cour du roi Louis XIV.
La critique
Par Tootpadu 02/01/2014
Quel intérêt y a-t-il aujourd’hui à produire le remake d’un classique du cinéma populaire français des années 1960, si emblématique qu’il avait généré quatre suites et qu’il avait défini à jamais le sous-genre de l’aventure à l’eau de rose ? Le personnage d’Angélique, c’est toute une époque et une façon désuète de cautionner un romantisme absolu, qui n’a plus du tout cours actuellement. L’intrigue en elle-même, riche en péripéties et en références historiques, n’a guère perdu de sa fougue. Elle pourrait même s’inscrire dans la mode récente – et à nos yeux fort discutable – des reconstitutions historiques qui pullulent sur les chaînes spécialisées. Mais ce que le réalisateur Ariel Zeïtoun en a fait est une relecture absconse et entièrement inutile.
En effet, la narration paraît ne pas trop savoir par quel bout prendre cette épopée passée et repassée mille fois à la télévision. La petite touche moderne qu’elle y apporte est du plus mauvais effet puisqu’elle se manifeste par le biais de dispositifs de style aussi laids que superflus. Le ton est donné dès le générique, qui tente en vain le grand écart entre le souvenir d’enfance et la fin de la vie d’aristocrate du personnage principal. Par la suite, la mise en scène ne lésine pas sur les moyens voyants, voire pédants pour épicer artificiellement un récit, qui aurait parfaitement pu se passer des nombreux flashs mentaux à l’esthétique aussi anachronique que disgracieuse. Aucun souffle épique, aucune intensité sentimentale ne peuvent s’élever dans le contexte d’une narration si bancale et désordonnée.
Les interprétations ne sont pas non plus d’une grande utilité, puisque seul Gérard Lanvin sait conférer une certaine noblesse fragile à son comte idéaliste. Quant à Nora Arnezeder, il ne faut pas être devin pour prédire que son interprétation stressante n’aura pas le même retentissement que celle plus charnue de Michèle Mercier et que, au vu de l’échec commercial cuisant de cette Angélique-ci, les autres parties de la saga nous resterons épargnées.
Vu le 2 janvier 2014, au Publicis Cinémas, Salle 2