Malavita
Réalisé par Luc Besson (2013)
| Durée | 111 minutes |
| Sortie | 23/10/2013 |
| Note | 6/10 |
Fred Blake alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, s’installe avec sa famille dans un petit village de Normandie. Malgré d’incontestables efforts d’intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s’agira de régler les petits soucis du quotidien…
La critique
Par Mulder 16/10/2013
Ma passion dévorante pour le septième art est en partie dûe à l'un des plus grands réalisateurs français qui partage la même passion que moi pour le cinéma américain de qualité. J'entends par là que des films comme Subway, Nikita, Le Grand Bleu, Léon ont marqué ma mémoire. Ils ont aussi montré que le cinéma français était capable de concurrencer sur son propre terrain les mastodontes américains.
Ce n'est pas un hasard si le cinéma de Luc Besson depuis son dernier film (The lady) semble s'orienter vers des œuvres plus intimistes et reposant sur un casting prestigieux. Malavita est ainsi un témoignage vibrant d'amour du réalisateur envers le cinéma de gangsters qui a marqué sa mémoire et le nôtre. Ce n’est pas non plus un hasard si le producteur exécutif du film est le réalisateur Martin Scorsese. Malavita est l'adaptation assez fidèle de l'essence du livre de Tonino Benacquista. On retrouve ainsi une famille américaine dont la tête du père a été mise à prix par un gang de New York. Exilée au fin fond de la Normandie dans la ville imaginaire de Cholong-sur-Avre, cette famille doit s'adapter à la vie française et essayer de perdre leur mauvaise attitude acquise au sein du milieu.
Pour donner vie à cette famille américaine et emporter notre adhésion complète, il fallait un casting prestigieux. C’est le cas ici avec la présence de trois comédiens dont le talent n'est plus à démontrer: le couple composé de Robert De Niro (fidèle comédien et proche de Martin Scorsese), et la magnifique actrice Michelle Pfeiffer est parfaitement en osmose. Viennent se rajouter à eux dans les seconds rôles Tommy Lee Jones, Dianna Agron et John D'Leo (dans le rôle des enfants de ce couple de gangsters).
Le film loin de rechercher à tout prix une surenchère visuelle inutile nous livre surtout une parfaite direction d'acteurs tous convaincants dans leurs rôles et une vision assez caricaturale (dans le bon sens du terme) de la France vue au travers du regard américain. Jouant le mélange des genres tel un chef cuisinier dans un grand restaurant, Luc Besson nous livre ainsi un film de qualité mais dont l'approche diffère de ses premiers films. Ainsi, Malavita témoigne de la volonté du réalisateur d'être apprécié par la critique en proposant un cinéma moins commercial mais surtout réalisé avec un plaisir total de diriger trois des acteurs hollywoodiens d'une époque dorée.
Certaines scènes sont excellentes et méritent à elles seules de voir ce film. On pourra ainsi citer la scène de la raquette de tennis, du plombier, du curé outré après avoir entendu la confession interprétée par Michelle Pfeiffer. Mais c’est surtout la scène rendant hommage à un des chefs d'œuvre de Scorsese qui rend ce film des plus attachants. Elles témoignent de la volonté du réalisateur de faire de son film non seulement une ode aux films de gangsters mais aussi une comédie traitant de l'art d'écrire et par sa fin très violente un western violent.
Luc Besson véritable homme-orchestre continue à nous passionner par sa volonté de contrôler totalement ses films (scénario, réalisation et production) et de vouloir continuer à nous surprendre et tester un nouveau terrain de jeu. Son film est donc une excellente surprise même si il ne s'impose pas comme une œuvre générationnelle. Nous attendons donc avec une très grande impatience son nouveau film Lucy marquant son retour au grand spectacle de science-fiction tel que fut le Cinquième élément.
Vu le 14 octobre 2013 au Club Lincoln, en VO