Eyjafjallajökull

Réalisé par Alexandre Coffre (2013)

Comédie
Eyjafjallajökull
Durée 92 minutes
Sortie 02/10/2013
Note 5/10

Alain et Valérie se vouent une haine profonde. Divorcés depuis près de vingt ans, ils vont pourtant devoir se retrouver pour le mariage de leur fille Cécile en Grèce. Encore séparés dans l’avion, puisque ils ne mènent plus du tout le même train de vie depuis qu’ils se sont quittés, l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull conduit à l’atterrissage d’urgence à Munich et donc à l’obligation de désormais continuer le chemin ensemble. Alain et Valérie essayent d’abord de faire bonne mine, mais rapidement leurs vieilles querelles remontent à la surface. Leur périple à travers l’Europe devient alors un marathon éprouvant de coups bas et autres moyens de locomotion de fortune.

 

Les critiques

Par Mulder 06/11/2013

Malgré son titre imprononçable, le second film du réalisateur Alexandre Coffre (Une pure affaire en 2011) nous permet de retrouver un duo de comédiens aguerri au genre des comédies et nous faire ainsi passer un moment de détente. Certes, rien ne différencie cette comédie française grand public aux autres comédies populaires que nous pouvons découvrir en salle. Malgré un scénario guère original et semblant être une adaptation à la française du film La Guerre Des Roses (Danny De Vito, 1989), ce film repose uniquement sur l’affrontement d’un couple de divorcés devant faire équipe commune pour assister au mariage de leur fille en Grèce. Hormis la présence de Dany Boon (enfin de retour dans une comédie intéressante) et celle de Valérie Bonneton (trop rare au cinéma), rien ne retient notre attention dans cette histoire aux rebondissements guère réussis.

Ce film dans l’air du temps dans un pays dans lequel 44.7% des mariages finissent par un divorce (source 2011) est uniquement prétexte à la réunion de deux comédiens ayant établi leur carrière que dans des comédies grand public sans avoir tenté à un moment cassé leur image ou prendre des risques. Le film est donc parfaitement à leur image et voulant plaire à un très large public n’ose pas choquer voire révolutionner le genre. Malgré les nombreux coups bas que se renvoient ces deux personnages principaux, seule Valérie Bonneton se montre convaincante et remporte notre adhésion totale.

Il est donc loin le temps où des comédies françaises osaient brancarder un message social ou tenter d’innover le genre. Certaines comédies américaines récentes (Ted, Les Miller, une famille en herbe..) montraient qu’il était encore possible de faire rire sur des sujets originaux voire risqués. Ce n’est pas le cas de ce film aussitôt vu, aussitôt oublié.

Vu le 04 octobre 2013 au Gaumont Disney Village, Salle 01

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

Par Tootpadu 06/11/2013

Les Français à l’étranger ne se comportent guère mieux que les Américains. On ne le doit probablement qu’à un vague sentiment de solidarité européenne que les clichés sur les pays que les deux personnages principaux traversent sont assez doux. Ils auraient même tendance à renvoyer la faute sur ce couple impossible, lui aussi une caricature ambulante de l’opposition entre la ringardise masculine et la névrose sophistiquée des femmes. Vous l’aurez compris, Eyjafjallajökull n’invente strictement aucun nouveau rouage comique, susceptible de renouer avec la grande époque de l’humour français au cinéma des années 1960 et ’70, vers lequel ce film-ci lorgne avec un peu trop d’insistance.

Ce qui ne veut pas dire que l’odyssée des harpies soit entièrement dépourvue de quelques rares moments de hilarité. Ne serait-ce que la cascade nocturne du lit superposé et l’élimination accidentelle de l’emblème albanais ont réussi à nous arracher un petit rire, ce qui n’est déjà pas si mal dans le contexte de la comédie populaire française, qui nous laisse généralement de marbre. Néanmoins, l’antagonisme trop appuyé entre la gentillesse maladroite du personnage de Dany Boon, qui se confond en fait avec l’acteur qui n’interprète que ces rôles de benêts malmenés, et l’agacement permanent de celui de Valérie Bonneton, elle aussi abonnée presque exclusivement à ce registre comme le montre la pub de sa série « Fais pas ci, fais pas ça » juste avant le film, finit vite par nous ennuyer. Il n’y a aucune évolution surprenante au cours d’un récit qui accumule les rencontres cocasses, sans réellement dévier du modèle ancien du trajet rocambolesque, effectué par deux voyageurs particulièrement mal assortis.

 

Vu le 5 novembre 2013, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 14

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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