Machete kills

Réalisé par Robert Rodriguez (2013)

Action, Interdit aux moins de 12 ans
Machete kills
Durée 108 minutes
Sortie 02/10/2013
Note 6/10

Machete, le justicier aussi impassible qu’invincible, s’oppose toujours avec la même violence aux cartels mexicains, quitte à y perdre sa meilleure alliée, l’agent Sartana. Arrêté par la police des frontières, il ne doit sa liberté qu’à l’intervention du président américain en personne. Celui-ci le charge de retrouver, derrière le mur qui sépare désormais les Etats-Unis de son voisin du sud, le redoutable chef de cartel Mendez, un illuminé qui menace d’envoyer des missiles sur Washington. Grâce à ses méthodes musclées et à sa réputation, Machete retrouve rapidement la trace du révolutionnaire imprévisible. Son travail ne s’arrête toutefois pas là, puisque Mendez œuvre secrètement pour le compte du riche industriel américain Luther Voz.

Les critiques

Par Mulder 07/10/2013

« Machete ne tweet pas » 

En une seule phrase tout est dit. Après une bande annonce dans le pur esprit grindhouse des années 70 et nous présentant un troisième volet faisant suite immédiatement au film projeté, le film commence et nous rappelle à quel point nous apprécions l’esprit décomplexé de Robert Rodriguez. Le film se veut nettement plus moralisateur que le précédent et s’apparente plus à une suite de scénettes tel un comics pulp. Le film flirte volontairement vers la série Z et surtout reprend le  concept du justicier mexicain indestructible.

Danny Trejo reprend donc son rôle d’agent fédéral américain et suite à la demande expresse du Président des Etats-Unis (interprété par Carlos Estevez aka Charlie Sheen) doit retourner au Mexique pour éliminer un dangereux révolutionaire Mendez (Demian Bichir) qui menace de  lancer un missile sur Washington DC. Sur son chemin, il rencontrera une miss America (Amber Heard), la sublime Cereza (Vanessa Hudgens), devra affronter sa mère (maquerelle) vengeresse (Sofia Vergara), un homme de main indestructible et kickboxer (Marko Zorar), un assassin El Camaleónqui peut prendre n’importe quel visage et un dangereux terroriste Luthor Voz (Mel Gibson). Rien que pour son casting, Machete remplit aisément sa fonction de divertissement indispensable. De plus quand on sait que le rôle de El Camaleón est incarné par une succession d’acteurs différents (Walt Goggins / Cuba Gooding Jr. / Antonio Banderas) et même une chanteuse (Lady GaGa) le film devient presque culte. A ce casting, on pourra également rajouter des personnages reprenant leur rôle du précédent opus (Jessica Alba / Tom Savini / Michelle Rodriguez..). La mission est amplement réussie par son casting impressionnant.

Le film est également un moyen à peine déguisé pour son réalisateur de rendre hommage aux films qu’il apprécie tant  soit la saga des James Bond, dont Machete semble être la version mexicaine. Mais également, il fait de son film un hommage à la saga de Star Wars et plus précisément à L’Empire contre-attaque. C’ est surtout une version défoulatoire d’aborder ce cinéma de genre. Le personnage de Machete semble appartenir à la même famille que Michael Myers et Jason Voorghes, c’est  dire une vraie machine à tuer. Tout le film tourne autour de lui et s’apparente donc à un serial à multiples rebondissements. Certes, certaines idées du premier opus sont reprises comme cette scène avec l’éventration et l’utilisation abusive des intestins d’un des tueurs mais cela ne gâche en rien le plaisir pris à suivre ce film.

Robert Rodriguez est comme son personnage de Machete inoxydable. Il occupe ainsi sur ce film différentes casquettes. Il  est ainsi, réalisateur, producteur, directeur de la photographie, chef monteur, compositeur. Il exerce ainsi un contrôle total sur son film et cela se ressent à chaque plan du film. Cette liberté de ton et artistique impose une réelle admiration pour un homme orchestre maîtrisant de toute part son œuvre.

Machete semble bien parti pour revenir à l’écran dans les années prochaines. Pari réussi pour Robert Rodriguez qui après nous avoir présenté une pâle copie dans l’excellent Desperado puis sa propre bande annonce dans Planet Terror, nous livre donc comme annoncé dans le premier film une suite à la hauteur de nos espérances.

Vu le 18 septembre 2013 au Club De l’Etoile, en VO

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

Par Tootpadu 26/09/2013

Le concept de Machete, un héros irascible tout droit sorti de l’imaginaire populaire des films d’exploitation des années 1960 et ’70, est hélas toujours plus fascinant que son incarnation dans ces deuxièmes aventures, sorties trois ans après les premières. Alors que le ton ironique et décalé, voire trash, imprègne complètement la fausse bande-annonce avant le film, la suite est déjà beaucoup plus sage ou en tout cas moins poignant et grandiloquent que ce condensé d’une certaine cinéphilie hors des sentiers battus, dont Robert Rodriguez et son pote de toujours Quentin Tarantino sont depuis longtemps les plus ardents défenseurs. A la différence de son confrère de l’expérience Grindhouse, elle aussi plus alléchante sur le papier qu’à l’écran, l’homme-orchestre, qui assure une fois de plus les tâches les plus variées sur son film, de la réalisation aux effets spéciaux, en passant par la photo et le montage, ne dispose cependant pas d’une voix filmique suffisamment affirmée pour s’approprier réellement l’univers des films de gangsters grandiloquents.

Il faudra en effet attendre un temps considérable, dans Machete kills, avant que les tripes ne soient éclaboussées à vue d’œil et avant que l’intrigue très basique ne prenne tant soit peu son envol. Le côté viscéralement jouissif fait cruellement défaut au film, alors que c’est précisément de cette relecture mi-parodique, mi-salace du genre qu’il devrait se nourrir en premier lieu. A force de vouloir passer toute l’histoire par la moulinette un peu rouillée du second degré, la narration perd de vue la nécessité d’une mise en abîme par rapport à un semblant de réalité, pour finir par s’échouer sur une fadeur de ton à peine divertissante. La suite potentielle du film, c’est-à-dire la poursuite de la croisade de Machete dans l’espace, ne devrait guère pâtir de ce grand écart problématique entre un contexte géo-politique tout de même sérieux – ce mur qui se dresse entre le pays riche et le pays pauvre rappelle hélas trop de séparations semblables qui ponctuent l’Histoire de l’humanité, dans le passé en Allemagne et de nos jours en Corée et en Israël – et une déconnade de séparatiste qui nous implore presque de se moquer d’elle.

Enfin, c’est peut-être aussi la saveur modérée des personnages qui nous a laissé sur notre faim avec ce quinzième film de Robert Rodriguez. Outre un Danny Trejo qui peine à rendre engageant le flegme de son personnage emblématique, les méchants en la personne de Demian Bichir et de Mel Gibson, ainsi que du trio improbable de Cuba Gooding Jr., Antonio Banderas et Lady Gaga, font plutôt pâle figure. Curieusement, après Suspect de Scott Walker, c’est une fois de plus Vanessa Hudgens qui s’en sort le mieux dans un rôle à la hauteur des ambitions de duplicité que le film dans son ensemble peine à atteindre.

 

Vu le 18 septembre 2013, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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