Mortal Instruments La Cité des Ténèbres (The)
Réalisé par Harald Zwart (2013)
| Durée | 130 minutes |
| Sortie | 16/10/2013 |
| Note | 6/10 |
Depuis quelque temps, l’adolescente Clary est hantée par un symbole qu’elle dessine et voit partout, mais dont elle ignore la signification. Sa mère Jocelyne s’inquiète pour elle, sans oser lui révéler l’origine de cette obsession. Un soir, Clary va en boîte, accompagnée de son meilleur ami Simon. Elle y observe un meurtre qu’elle est apparemment la seule à avoir vu. C’est alors que les chasseurs d’ombres se révèlent à elle en la personne de Jace, un des derniers membres de cette société secrète, censée protéger l’humanité des démons. Clary jouera un rôle crucial dans cette guerre éternelle, puisque la cachette d’une coupe magique, convoitée par le chasseur déchu Valentin, est dissimulée au fin fond de sa mémoire.
Les critiques
Par Mulder 07/10/2013
Avant d’être un film, The Mortal Instruments : La Cité des ténèbres est d’abord une série de romans fantastiques de l’écrivain Cassandra Clare formée de quatre trilogies (La cité des ténèbres (cinq volumes et 1 à venir), Les Origine, The Dark Artifices)). La pré-production du film fut assez longue car l’auteur qui voulait voir ses livres adaptés au cinéma tenait impérativement que le rôle principal soit tenu par une femme. Les studios intéressés par cette adaptation tenaient quant à eux à avoir un acteur central ce que l’écrivain refusa. En 2010, elle trouva finalement un accord avec le studio allemand Constantin film AG. Malgré l’engouement pour la saga littéraire, le public et la critique américains boudèrent le film et les suites initialement prévues ont donc été annulées.
Pourtant, contrairement à la saga Twilight (dont seul le premier volet était réussi), The Mortal Instruments : La Cité des ténèbres est une bonne surprise certes sans la présence d’acteurs réputés mais qui entretient une atmosphère envoûtante et de bons effets spéciaux. Certaines idées par contre auraient dû être oubliées comme celles de faire du compositeur Johann Sebastian Bach un chasseur de démons dont les musiques avaient le pouvoir de les détruire et aussi du lien profond entre Clary Fray et Jace Wayland que nous ne révélerons pas ici..
La réalisation Harald Zwart (Cody Banks agent secret, Karate kid) se contente malheureusement de présenter sans aucune originalité les personnages et de suivre l’action platement. Le film est donc loin de bénéficier d’un réalisateur rompu à proposer des films pour un public plutôt jeune qui risque de ne pas se reconnaître dans l’orientation du personnage secondaire Alec Lightwood. Pourtant, la musique omniprésente et très bien exploitée apportera également un attrait supplémentaire à ce film de commande pourtant plein de magie. Là où L'Apprenti Sorcier de Jon Turteltaub ratait sa cible au niveau de la présentation d’un monde magique, ce film réussit à nous présenter un univers dangereux ou le mal est omniprésent.
Le film est donc principalement pour les fans des livres de Cassandra Clare car le public visé est assez précis. Si vous n’êtes pas attirés par les films type Harry Potter, Eragon, vous risquerez de voir en ce film un manque d’action, des dialogues guère porteurs et un triangle amoureux qui ne mène nul part. Ainsi, soit vous apprécierez ce film pour son ambiance envoûtante soit vous risquerez d’être déçus en y attendant le prochain Twilight « like ». Le film est également porté par les interprétations convaincantes de Lily Collins (Priest, Blanche Neige) et Lena Headey (300, série Terminator, les chroniques de Sarah Connor..) ce qui en fait une œuvre certes mineure mais recommandable.
Vu le 17 septembre 2013, à l’UGC Normandie, Salle 1, en VO
Par Tootpadu 18/09/2013
Le cinéma fantastique destiné à un public adolescent, féru de potions magiques à la Harry Potter et de guimauve romantique à la Twilight, vit les dernières heures de sa période de saturation, avant un déclin certain qui ne devrait pas tarder à arriver. Il n’y a plus rien d’original ou d’excitant à tirer d’un genre qui s’est méthodiquement employé, depuis le début du millénaire, à épuiser toutes les combinaisons concevables entre les légendes des vampires, des loups-garous, des sorciers et autres créatures fantaisistes qui peuplent l’imagination de scénaristes en panne de maturité. Pas un mois ne passe, sans qu’un nouvel univers supposément encore plus féerique et enchanteur que celui du Seigneur des Anneaux ne sorte sur nos écrans, dans le vain espoir de singer son succès planétaire. Dans ce cycle perpétuel de la récupération et du recyclage, on ne trouve pratiquement jamais de pépites d’or. A condition de rabaisser ses exigences de divertissement au strict minimum, on peut toutefois tomber occasionnellement sur des films efficaces comme celui-ci, inspiré de la saga de Cassandra Clare, un de ces écrivains populaires parfaitement interchangeables dont le talent se mesure à la somme d’argent rapportée par ses livres et pas nécessairement à leur qualité littéraire.
L’agencement des clichés du genre s’opère en effet d’une façon fluide et presque agréable pendant la première partie de The Mortal Instruments La Cité des Ténèbres. La mise en scène de Harald Zwart n’y apporte aucun éclat particulier, ce qui ne l’empêche par contre pas d’être de nature serviable envers une histoire qui aurait pu paraître beaucoup plus bancale. Car le scénario a tendance à passer du coq à l’âne, à abandonner une piste narrative dès que l’option d’une resucée légèrement plus fraîche se présente à lui. Cette structure rapiécée fonctionne curieusement, au moins tant que l’obligation de renouer les fils disparates ne se fait pas trop ressentir. Or, c’est justement lors du dénouement interminable que ce laisser-aller animé par la curiosité de piocher sans discrimination dans tous les pots du genre montre péniblement ses limites.
James Franco a beau jouir du don de l’ubiquité, ce qui lui permet de jouer dans une dizaine de films par an et d’en réaliser cinq ou six, il ne peut pas être partout. Nous le remercions du coup de nous avoir envoyé son sosie, Robert Sheehan, dans le rôle de Simon, une usurpation d’identité qui sied exactement à ce film dénué de toute originalité. Même la tête d’affiche masculine ressemble de trop près à Jonathan Rhys Meyers en jeune, qui doit désormais se contenter de personnages de méchants sans saveur. Enfin, il y a un petit détail qui met tant soit peu ce film à part et qui lui confère le soupçon d’une ouverture d’esprit pour laquelle ces aventures aseptisées manquent généralement de courage : son traitement des personnages homosexuels, secondaires certes, mais pour une fois pas dénigrés comme une aberration risible.
Vu le 17 septembre 2013, à l’UGC Normandie, Salle 1, en VO