Invincibles (Les)

Réalisé par Frédéric Berthe (2013)

Comédie sportive
Invincibles (Les)
Durée 98 minutes
Sortie 18/09/2013
Note 5/10

Momo a toujours rêvé de pouvoir vivre un jour de sa passion pour la pétanque. Mais à l’approche de ses quarante ans, le seul argent que son sport favori lui procure provient des petites escroqueries qu’il commet avec ses amis de toujours Jacky et Zézé. Quand l’homme d’affaires Darcy annonce une coupe du monde de pétanque à Béziers avec à la clef un demi-million d’euros pour le gagnant du tournoi – une somme rondelette qui permettrait à Jacky d’éponger ses dettes – Momo commence à s’entraîner sérieusement. Mais la route vers la consécration est longue et Momo peine de plus en plus à assumer son nouveau rôle de star montante d’un sport populaire.

Les critiques

Par Mulder 06/10/2013

Frédéric Berthe avec des comédies comme RTT, Hollywoo et maintenant Les Invincibles semble pendre un malin plaisir à être le digne représentant de la comédie française populaire. Certes son film semble être taillé pour courir sur le même terrain que Rocky pour la boxe. L’ascension rapide d’un sportif émérite (Momo) jusque-là cantonné à des parties de pétanque truquées. La chance va pourtant lui sourire quand un concours international lui permettra de montrer ce dont il est capable. Le réalisateur nous propose donc une success story à la française reposant sur un scénario collégial (Frédéric Berthe, Atmen Kélif, Laurent Abitbol, Martin Guyot, Céline Guyot et Jean-Pierre Sinapi) et mettant en scène  en premier plan des comédiens populaires (Atmen Kélif, Daniel Prévost, Bruno Lochet, Michel Galabru) et des comédiens habitués à être en tête d’affiche mais relayés curieusement ici au second plan (Gérard Depardieu, Édouard Baer,Virginie Efira). Une nouvelle fois, Gérard Depardieu dans son rôle du looser mérite à lui seul le déplacement et montre qu’il reste encore l’un des plus grands comédiens russes  et/ou français. 

Certes, le film se veut par son thème principal  une compétition de pétanques, plus tourné vers un public adulte voire retraités que vers un public jeune. La cible visée par une co-production EuropaCorp (Chic Films, Scarlett Production, Studio 37) ne semble donc pas être celle habituée à des films d’action efficaces ou à des comédies grand spectacle. On peut donc saluer cette initiative de nous présenter une discipline guère présente au cinéma et pourtant tant appréciée en France. Cependant et malgré un casting très intéressant, le film n’évite pas les incongruités insensés comme le personnage interprété par Gérard Depardieu, Jacky qui demande la nationalité Algérienne (à revoir la scène et son actualité cela ne sonne pas si insensé que cela) pour pouvoir incorporer la même équipe que Momo (Atmen Kélif).

Le film n’arrive donc pas à s’imposer comme une comédie réussie faute de vouloir oser et de déplaire à certains. Reste un casting prestigieux au service d’une intrigue simpliste remplie de bons sentiments.

Vu le 21 septembre 2013 au Gaumont Disney Village, Salle 08, en VF

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

Par Tootpadu 12/09/2013

Il n’y a guère de sport plus français que la pétanque. Le jeu de boules a beau ne pas être le plus populaire en nos contrées, comparé aux indécrottables galvaniseurs de foules que sont le foot et le rugby, par exemple, il respire une tradition provinciale qui est depuis toujours associée à la quiétude campagnarde et aux endroits où il fait bon vivre en France. Autant écrire qu’une partie de pétanque présente un nombre limité de possibilités de créer de la tension dramatique, mais qu’en revanche, elle ouvre grand la porte à toutes sortes de clichés bien franchouillards. De la part d’un réalisateur comme Frédéric Berthe, que nous n’avons jamais connu très inspiré, mieux vaut donc ne pas s’attendre à des miracles pour conter l’histoire d’un adulte resté (trop) jeune dans sa tête, qui devient presque malgré lui la mascotte d’une intégration réussie et d’une éthique sportive sans faille.

Une fois l’introduction des Invincibles terminée, qui laissait encore entrevoir un peu d’espièglerie, le chemin du protagoniste est tout tracé : son but, comme celui du film, est désormais de montrer qu’il vaut mieux que le rôle plein de préjugés que la société française lui attribue sans qu’il n’ait rien demandé à personne, mieux que les coups foireux de son grand ami Jacky, et surtout mieux que les ingérences lassantes de sa mère-poule dans sa vie privée. Quel beau programme qui est censé mettre en valeur les qualités d’une France passablement idéalisée ! Hélas, le conte édifiant est rabaissé au niveau de la farce par tout ce qui cloche dans notre société, c’est-à-dire par cette vieille France ringarde, raciste, réactionnaire et rance qui ne veut forcément que du mal au brave Momo, fils d’immigrés mais qui se sent complètement français. L’humour qui découle d’un tel manichéisme caricatural est rarement fin et c’est sans surprise un ton expéditif et peu frais qui prévaut pendant l’immense majorité du récit.

Or, c’est dans les franges de cette bataille exacerbée entre deux conceptions diamétralement opposées de la France que l’on peut trouver le seul personnage aux traits assez subtils pour qu’il puisse prétendre à une lecture plus satirique, plus proche de la réalité d’un pays tout de même peuplé d’un tas d’opportunistes égoïstes. Tandis que la vieille garde, de Gérard Depardieu à Daniel Prévost, en passant par Michel Galabru, se complaît dans ses ronchonnements, et que la jeune, en somme Virginie Efira et Atmen Kelif, semble souscrire corps et âme à l’optimisme sans bornes de la trame narrative d’une réussite sportive basique, c’est Edouard Baer qui tire le mieux son épingle du jeu, grâce à son rôle savoureux de promoteur fourbe et lâche. La philosophie bling-bling des années Sarkozy, que nous avons troquée contre celle plus normale et laborieuse de l’ère Hollande, est presque magistralement condensée dans ce personnage jubilatoire. Il est d’autant plus dommage que le reste du film ne cherche aucunement à se défaire d’une morale ennuyeusement consensuelle, aussi progressiste que la formalité républicaine d’une naturalisation obtenue après moult revirements à caractère tendancieux.

 

Vu le 12 septembre 2013, au Club Marbeuf

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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