Hypnotiseur (L')

Réalisé par Lasse Hallström (2013)

Policier
Hypnotiseur (L')
Durée 122 minutes
Sortie 08/05/2013
Note 6/10

Un prof est sauvagement assassiné dans son gymnase. Quand la police se rend chez sa famille afin de la prévenir, elle découvre un massacre encore plus atroce : sa femme et sa fille ont également été poignardées. Seul son fils Josef a survécu de justesse et est admis dans un état critique à l’hôpital. L’inspecteur Joona Linna manque d’indices pour mener l’enquête. Il fait alors appel à l’hypnotiseur Erik Maria Bark pour entrer en contact avec le garçon et découvrir qui est à l’origine de ce crime abominable.

La critique

Par Tootpadu 24/04/2013

Le succès de la saga Millénium a été à la fois une chance et une malédiction pour le cinéma suédois. Dès lors, tout ce qui se rapporte de près ou de loin au genre policier sera mesuré en fonction du phénomène de la trilogie des adaptations de Stieg Larsson. Le premier film que le réalisateur Lasse Hallström tourne depuis un quart de siècle dans son pays d’origine se prête docilement au jeu de la conformité à cet exemple démesuré, jusqu’à singer la composition de l’affiche de Millénium de Niels Arden Oplev. Il n’en reste pas moins un film de genre efficace, qui ne s’aventure pas trop loin des sentiers battus pour éviter une finale légèrement décevante.
En effet, L’Hypnotiseur joue plutôt habilement avec les conventions du genre. Les quelques surprises que l’intrigue parfaitement huilée nous présente sont davantage du côté agréable, que de celui de rares incohérences fâcheuses. Il ne s’agit pas vraiment d’un thriller haletant, où l’enquête avancerait fiévreusement, toujours un pas en retard par rapport au dessein machiavélique du méchant. Au contraire, la narration préfère s’employer à répandre une peur diffuse, qui imprègne l’histoire au fur et à mesure que tous les participants sont pris au piège de cette affaire aux revirements multiples. Ainsi, la longue digression dramatique vers le couple Bark, qui apparaît d’abord comme un malheureux égarement pour apporter un fond humain à l’énigme policier, prend suffisamment de sens dans la structure globale du récit, que l’on pourrait aisément interpréter en tant que parabole sur la paternité.
Tandis que les références régionales, comme l’accent finlandais de l’inspecteur, échapperont sans doute aux spectateurs peu familiers de la culture scandinave, le fil rouge de l’enfance plus ou moins mal traitée garantit une cohérence thématique qui dépasse les ressorts d’un simple policier. Au-delà de leur implication dans cette affaire sordide, tous les personnages ont un rapport compliqué au fait d’être père ou mère, de devoir préserver l’enfant du monde dangereux qui le guette. Rien que pour ce niveau de lecture parallèle, ce polar solide vaut le détour. A moins que vous vouliez en plus une piqûre de rappel que Lasse Hallström sait tout à fait être plus qu’un tâcheron ennuyeux, à condition de pouvoir s’exprimer loin des poncifs du cinéma hollywoodien, auxquels il est hélas d’ores et déjà retourné avec son film suivant, Safe haven.

Vu le 23 avril 2013, à la Salle UGC, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

Retour à la liste des Critiques