11.6
Réalisé par Philippe Godeau (2013)
| Durée | 102 minutes |
| Sortie | 03/04/2013 |
| Note | 6/10 |
Toni Musulin travaille depuis dix ans comme convoyeur de fonds pour la société Ibris. C’est un employé modèle, toujours ponctuel, jamais absent, qui ne fait pas d’histoires. Le refus de ses supérieurs de lui accorder un jour de congé en plein été, afin d’assister à l’enterrement d’un ami, déclenche pourtant une réaction en chaîne qui mènera au casse du siècle.
Les critiques
Par Mulder 08/04/2013
Le cinéma vu par Philipe Godeau est une peinture viscérale collant à la réalité des choses. Son scénario est criant de vérité et par un sens du récit moléculaire il distille chaque instant pour en faire une scène vivante et parfaitement maitrisée. Tel un grand chef cuisinier, Philippe Godeau malgré un sujet qui n’est pas aussi passionnant que certains autres nous livre un film qui prend son temps pour s’installer mais d’une efficacité redoutable. Ce qui prévaut dans le film n’est pas l’organisation de ce hold-up parfait mais l’étude de la psychologie des personnages. Pour cela il s’appuie comme pour son premier film sur l’un des meilleurs acteurs français François Cluzet. Voici un acteur qui ne recherche pas particulièrement à empiler les succès faciles. Il reste avant tout un acteur cérébral comme tous les grands acteurs. De film en film, il s’est construit une belle carrière et le succès du film Intouchables lui doit énormément. Ce refus de toute facilité lui donne une certaine noblesse qu’il apporte à son personnage de Toni Musulin.
Les seconds rôles sont aussi très bien campés par Corine Masiero (Marion, la compagne de Toni) et Bouli Lanners (Arnaud son ami et collègue). Le réalisateur dirige d’une main de maître son casting comme celle de son scénario. Certes son approche pourrait ne pas convenir à ceux qui recherchent du grand spectacle car à l’opposé son film se veut plutôt intimiste. Cela se ressent ainsi par certaines scènes trop criantes de vérité et pas assez cinématographiques pour plaire au plus grand nombre. Ce film mérite d’être apprécié et vu afin de se rendre compte qu’il n’y a pas seulement un cinéma populaire en France, il y a aussi un cinéma d’auteur.
Vu le 05 avril 2013 au Gaumont Disney Village, Salle 05, en VF
Par Tootpadu 27/03/2013
Or, son parcours dans 11.6 n’est pas celui d’un Robin des Bois qui dépouille les riches pour donner aux pauvres, ni celui d’un Albert Spaggiari qui coule des jours paisibles en exil. Il est davantage marqué par une suite de frustrations et de détours, qui ne mènent à aucune satisfaction profonde. La rupture avec son entourage, aussi préméditée soit-elle, s’apparente ainsi à une libération mi-figue, mi-raisin. De même, sa fausse cavale n’a rien d’excitant et se solde, d’emblée dans le cadre du récit qui commence par l’épisode monégasque, par une peine de prison accomplie sans sourciller. Non, à première vue cet homme aux tourments intérieurs difficilement déchiffrables n’a rien d’un héros typique de film de gangster. La qualité principale de ce film sobre et ferme est alors de point lui imposer les passages obligés du genre, mais au contraire de le laisser avancer à son rythme.
Avec l’interprétation maîtrisée de François Cluzet comme allié précieux, la mise en scène excelle dans la concision caractéristique du protagoniste. Elle ne s’éparpille pas dans les intrigues parallèles ou les sursauts formels inutiles. Elle sait par contre rester fidèle à l’état d’esprit d’un homme à la fois austère et énigmatique. C’est aussi cela, le cinéma français de qualité : une histoire contée sans esbroufe, mais intimement convaincue que l’image qu’on se fait des héros criminels peut facilement s’avérer fausse.
Vu le 25 mars 2013, à la Salle Pathé Lincoln