Croods (Les)
Réalisé par Kirk De Micco, Chris Sanders (2013)
| Durée | 99 minutes |
| Sortie | 10/04/2013 |
| Note | 7/10 |
Eep est une fille rebelle et curieuse, constamment à l’affût de nouvelles choses à découvrir. Son problème est qu’elle fait partie de la famille des Croods, un clan préhistorique particulièrement peureux. Son père Grug croit en effet dur comme fer qu’en ces temps difficiles, la survie des siens dépende entièrement du refus de tout changement. Eep doit donc passer le plus clair de son temps en parfaite sécurité dans la grotte familiale. A son grand soulagement, ce quotidien préservé sera chamboulé par l’arrivée de Guy, un jeune nomade à l’esprit progressiste, et surtout par la formation des continents.
Les critiques
Par Mulder 22/03/2013
Les deux réalisateurs et scénaristes Chris Sanders (Lilo et Stitch, Dragon) et Kirk DeMicco (son premier film) semblent avoir été des plus inspirés pour présenter dans un monde hostile et avec un humour digne héritier de Tex Avery leur vision de la première famille humaine. Tous les parents ont en effet leurs propres règles de vie qu’il font respecter afin d’éviter à leurs enfants de s’exposer aux dangers extérieurs. Ce cocon familial représenté par une caverne va exploser à l’arrivée de Guy qui représente à lui seul le progrès (maîtrise du feu, nouveaux vêtements)... Ce divertissement familial non seulement amuse intelligemment mais également nous renvoie une vision de nos propres idées sur la notion de société et de progrès. C’est en cela que le film est une pure réussite et non un simple placement publicitaire pour des produits dérivés (peluches et autres objets). On reconnaît ainsi dans ce film tout ce qui a fait le succès de Dragon soit une animation de tout beauté (et en 3D) et un vrai scénario travaillé et pleins de rebondissements. Le personnage de Eep est en lui-même la personnification de la révolte adolescente qui prône la nouveauté, la découverte du monde et l’innocence.
Le film après avoir présenté cette famille, les Croods nous emmène ensuite vers une quête d’un monde meilleur et où une nouvelle société pourrait se développer. Tels les premiers Christophe Colomb, ces aventuriers malgré eux vont devoir apprendre au contact de Guy qu’il faut prendre des risques pour continuer à avancer. Une nouvelle fois, le film porte un message optimiste sur le fait qu’il ne faut pas vivre de ses acquis mais continuer à les compléter et surtout que c’est en associant les compétences de chacun que le succès peut arriver.
En dehors de Disney et Pixar, The Croods montre que réaliser des grands films d’animation peut encore voir le jour. Loin de se contenter de formules déjà toutes faites, les deux réalisateurs montrent avec ce film qu’il est encore possible d’innover au niveau de la forme (l’image) que du fond (scénario).
Je ne peux que conseiller ce pur chef d’œuvre à voir et revoir en famille et au cinéma et si possible en version française.
Vu le 22 février 2013, au Club de l'Etoile, en VO
Par Tootpadu 06/03/2013
Après s’être longuement et joyeusement moqué de l’aspect arriéré des mœurs des personnages, le récit suit ces derniers dans un périple aussi rocambolesque que classique. La découverte de nouvelles contrées, plus exotiques les unes que les autres, ouvre logiquement des horizons au clan des néandertaliens. Le décalage entre les deux extrêmes d’un conservatisme exacerbé du côté du père et d’un goût prononcé pour la découverte de celui de la fille s’amenuise au fur et à mesure que ces points de vue diamétralement opposés sont confrontés aux dures réalités d’un voyage à travers un territoire hostile. C’est en quelque sorte le pragmatisme qui prévaut à la fin, ou en tout cas jusqu’à ce que les bons sentiments les plus sirupeux prennent in extremis le dessus. La subversion toute relative du propos initial du film de Chris Sanders et Kirk De Micco est malheureusement diluée dans une trame hautement divertissante, certes, mais qui se dirige inexorablement vers la conclusion la plus consensuelle imaginable.
Heureusement, le souffle épique et spectaculaire de la narration nous fait avaler sans trop de difficulté la pilule du monde utopique où l’harmonie serait omniprésente. Les effets de l’animation en relief sont proprement bluffants et permettent une immersion complète dans cet univers enchanteur, qui recèle déjà à l’état embryonnaire une multitude d’inventions sur lesquelles se base l’illusion du bien-être à l’américaine. Enfin, la bande originale de Alan Silvestri puise amplement dans les thèmes expressifs caractéristiques des années 1990, avec toutefois un résultat final qui nous ferait presque croire en une renaissance fulminante de ce compositeur plutôt discret.
Vu le 4 mars 2013, au Club de l'Etoile, en VO