Vendicator

Réalisé par Wilfredo Milan (1985)

Policier
Vendicator
Durée 84 minutes
Sortie 25/12/1985
Note 4/10

L’inspecteur Wools de la brigade antigang surveille depuis longtemps la bande de Nosfero, une armée d’anciens détenus reconvertis aux arts martiaux. Quand il tue en légitime défense le frère de Nosfero, il est suspendu de ses fonctions. Alors que sa copine le récompense pour cette démission involontaire en acceptant sa demande en mariage, le chef du gang a prévu une punition cruelle pour lui : la castration. Désormais émasculé et sans moyen légal de se venger, Wools poursuit ses ennemis par ses propres moyens. Avec un certain succès, puisque Nosfero doit craindre pour la sécurité d’une cargaison importante de drogues que l’organisation du crime lui a confiée.

La critique

Par Tootpadu 02/03/2013

Bien que plus aucun pays ou presque ne jouisse de la note souveraine AAA, l’économie mondiale continue tant soit peu à fonctionner. Comme quoi cette preuve supposée de la solvabilité ou plus globalement de la qualité n’est en fait que de la poudre aux yeux, conçue pour mieux berner l’investisseur ou le consommateur. Que la maison de production de ce film philippin porte le nom « Triple A » peut être considéré comme de l’ironie suprême, puisqu’on l’associerait davantage dans ce contexte à une absence de valeur ou, sous forme de tautogramme, à une arnaque atroce et abominable. Pas entièrement sans mérite en tant que nanar jouissif, Vendicator fait partie de ces films tournés à la chaîne qui exploitent sans vergogne des recettes à la mode, en l’occurrence celle de Mad Max et de son univers apocalyptique grandiloquent.
Hélas, le niveau d’un vrai plaisir coupable n’y est atteint que sporadiquement. Les moments au plus fort potentiel de salacité sont au mieux suggérés, à travers un montage approximatif lors du châtiment principal ou d’un regard assez pudique sur l’érotisme et la sexualité. Souvent péniblement bancale, avec son rythme décousu et son vocabulaire filmique d’une platitude consternante – l’emploi du zoom à tout va –, la mise en scène ne paraît pas vraiment savoir sur quel pied danser avec cette histoire, qui flirte avec la perversion sans oser s’y frotter sérieusement, aussi à cause de l’absence littérale de couilles du protagoniste.
Du coup, mieux vaut se moquer des nombreuses aberrations du film de Wilfredo Milan qu’espérer une hypothétique progression jusqu’aux sommets du cinéma d’exploitation. Aidé considérablement par un doublage français qui accentue encore son côté ringard, le récit tourne vite en roue libre. Au moins, il ne prétend jamais être plus que le simulacre d’un film. Un constat sans appel auquel contribuent à la fois les cascades ridicules du grand affrontement final, où les adversaires de Wools tombent disgracieusement comme des mouches, et surtout un propos entièrement inoffensif, tant qu’on peut le déterminer au détour d’une narration si peu logique et appliquée qu’elle borde à l’abstraction grotesque.

Vu le 1er mars 2013, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju, en VF

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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