Crawl
Réalisé par Hervé Lasgouttes (2013)
| Durée | 92 minutes |
| Sortie | 30/01/2013 |
| Note | 6/10 |
Incapable de mener une vie régulière, Martin enchaîne les petits boulots dont il est invariablement viré en raison de ses activités malhonnêtes. Il vit chez son père alcoolique au fin fond de la Bretagne et reste proche de sa sœur aînée Corinne, une infirmière, qui, elle, a réussi à fonder une famille modèle. Quand Martin rencontre Gwen un soir en boîte, son existence de vagabond trouve son premier point d’attache. Mais la relation entre cette jeune femme ambitieuse, qui travaille dans la conserverie locale et qui s’entraîne tous les matins à la nage en pleine mer, et le voyou risque de ne pas durer, lorsque Martin franchit le pas vers le crime.
La critique
Par Tootpadu 28/01/2013
Alors que le symbole de la double grossesse, de Gwen et de Corinne, est peut-être un peu trop voyant par son côté de sous-entendu de la transmission de la vie, en dépit d’un contexte difficile d’un point de vue matériel et affectif, il constitue néanmoins l’aspect le plus ostentatoire d’une affirmation de la vie qui fait ici cruellement défaut aux hommes. De même, ce sont les personnages féminins qui poursuivent d’une façon pragmatique un but choisi, le championnat de nage au Mexique, ou subi, un troisième enfant qui arrive par accident, pendant que leurs compagnons respectifs se débattent laborieusement contre des urgences qu’ils ont du mal à gérer convenablement. Dans ce contexte, le titre du premier film du réalisateur Hervé Lasgouttes est doublement révélateur. D’abord, parce que l’activité de nage revient exclusivement à Gwen, bien que Martin soit clairement le protagoniste de l’histoire. Et puis, à cause des caractéristiques de cette manière de progresser contre vents et marées, et plus globalement contre une résistance certaine, qui reflète parfaitement le ton de ce film discret, qui n’attire guère l’attention, mais qui s’acquitte très honorablement de sa tâche de conter un drame mi-familial, mi-romantique, sans affection ni coups de théâtre excessifs.
Vu le 21 janvier 2013, à la Salle Pathé Lincoln