Bataille à Seattle

Réalisé par Stuart Townsend (2008)

Drame politique
Bataille à Seattle
Durée 97 minutes
Sortie 07/05/2008
Note 6/10

Le 30 novembre 1999, la conférence de la toute-puissante Organisation Mondiale du Commerce débute à Seattle. Alors que les manifestants anti-mondialistes, les délégués syndicaux et les responsables des organisations non gouvernementales affluent dans la ville de l'état de Washington, les forces de l'ordre et le maire croient pouvoir contenir la foule, en la laissant manifester pacifiquement. Mais les opérations ciblées des opposants au sommet et des actes de vandalisme contestataire font dégénérer la situation et plongent la ville pendant quatre jours dans le chaos.

La critique

Par Tootpadu 27/05/2008

Il appartient à chaque époque de chercher sa cause noble, avec laquelle la partie engagée de Hollywood peut s'identifier, par le biais d'un film bien intentionné, qui en relate les premiers balbutiements. Ce premier film de l'acteur irlandais Stuart Townsend en rappelle effectivement un autre : Les Soldats de l'espérance de Roger Spottiswoode, qui évoquait déjà la naissance d'un militantisme comparable - à l'époque la recherche autour du sida et de nos jours le mouvement altermondialiste -, avec le soutien d'une panoplie de comédiens socialement engagés. Le réalisateur a même pu rassembler tant de noms connus, que la narration s'efforce surtout à permettre à chacun de briller d'humanité, au lieu de donner un aspect uni à ce pamphlet respectable, mais un peu trop émotionnellement manipulateur.
Le fil rouge du récit vise ainsi à montrer à quel point cet événement international influence la vie des participants à une échelle plus personnelle. Mieux vaut ne pas prendre l'épisode autour du policier et de sa femme enceinte pour autre chose que du népotisme discutable. Au moins, l'idéalisme avec lequel le maire prévoit d'encadrer la conférence, avant que son attitude ne bascule dans une déception défensive, reste crédible et essentiel à l'intrigue, en tant que point de vue du camp antagoniste. Townsend aime en fait tant multiplier les approches, qu'il risque parfois de brouiller sa mise en garde autrement très valide.
Car la narration ne se positionne pas exclusivement du côté des manifestants. En évoquant le combat perdu d'avance, mené de l'intérieur par le responsable de "Médecins sans frontières", qui n'arrive plus à attirer l'attention publique et celle des médias sur la misère en Afrique, à cause de l'agitation civique en marge de la conférence, ainsi que par les pays africains traités avec dédain comme le parent pauvre par les riches occidentaux, notamment les Etats-Unis, le film évite de dépeindre le mouvement de contestation sous un jour trop favorable. Sa démarche militante est ainsi plutôt recommandable, sans s'enorgueillir de représenter tout le spectre de l'opposition au marché libéral mondial et sans prétendre d'avoir le monopole des réponses moralement inattaquables, mais elle reste épisodiquement tributaire d'exigences dramatiques et émotionnelles un peu trop convenues.

Vu le 27 mai 2008, à l'UGC Forum Orient Express, Salle 3, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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