Into the abyss
Réalisé par Werner Herzog (2012)
| Durée | 107 minutes |
| Sortie | 24/10/2012 |
| Note | 5/10 |
En octobre 2001, dans une petite ville du Texas, Jason Burkett et Michael Perry ont assassiné d’abord Sandra Stotler, parce qu’ils voulaient voler sa voiture, puis son fils Adam et Jeremy Richardson, un ami de ce dernier. Dix ans plus tard, Perry est à quelques jours de sa date prévue d’exécution, tandis que Burkett doit purger une peine de prison d’au moins quarante ans. Le réalisateur Werner Herzog vient à leur rencontre, il interroge les proches des victimes et s’engouffre dans un milieu défavorisé où la peine capitale et la prison font partie du quotidien.
La critique
Par Tootpadu 02/09/2012
La méthode employée par le réalisateur pour tenir compte de faits qui font hélas partie du quotidien peu reluisant de l’Amérique s’avère cependant problématique. La quête d’une valeur humaine abstraite par le biais de questions qui n’ont pas grand-chose à voir avec le cas étudie mène constamment le fil conducteur vers des digressions anecdotiques. L’intérêt que Herzog porte aux gens qu’il interroge en dit ainsi plus sur l’état d’esprit du réalisateur, investi d’une bienveillance paternelle qui vire parfois à la manipulation émotionnelle, que sur le véritable impact de l’exécution sur ceux qui en sont responsables d’une façon ou d’une autre. L’origine des tatouages de certains intervenants a autant d’importance dans la direction désordonnée des entretiens que la tragédie familiale des victimes. Ce manque de précision devient évident dès la première intervention d’un prêtre qui préfère parler de ses parties de golf en pleine nature et de courses poursuites d’écureuils, plutôt que de son assistance spirituelle dans un assassinat soi-disant légal.
Peut-être l’intention du réalisateur, qui délaisse de plus en plus la fiction au profit du documentaire, a-t-elle justement été avec Into the abyss de montrer que la vie continue et qu’il y a des anecdotes personnelles aussi dignes d’intérêt pour connaître un homme et une femme que son opinion sur une question aussi cruciale que la peine de mort. L’essai nous laisse cependant perplexes, tant la conduite des entretiens dévie trop souvent de ce qui devrait importer le plus dans ce dilemme morale sans réponse facile.
Vu le 1er septembre 2012, au Casino, Deauville, en VO