To Rome with love
Réalisé par Woody Allen (2012)
| Durée | 112 minutes |
| Sortie | 04/07/2012 |
| Note | 4/10 |
Quatre histoires à Rome, la ville éternelle : le metteur en scène à la retraite Jerry s’y rend afin de faire la connaissance des parents du futur mari de sa fille ; l’étudiant en architecture Jack y accueille avec sa copine Sally une amie de celle-ci : Monica, une actrice qui doit se remettre d’une rupture récente ; un couple fraîchement marié du nord de l’Italie doit y rencontrer les oncles du mari afin de décrocher un emploi bien payé ; l’homme ordinaire Leopoldo devient soudainement la cible de l’attention des médias.
La critique
Par Tootpadu 22/08/2012
La structure du film à épisodes ne lui avait déjà pas porté chance dans Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe …. Elle est ici aggravée encore par un regard condescendant sur la culture romaine, dont le seul élément à retenir serait qu’il est facile de se perdre dans ses rues étroites et ses places qui se ressemblent toutes. Depuis la blague récurrente de la crotte de chien dans Prêt-à-porter de Robert Altman, nous n’avons pas souvenir d’un regard, depuis le point de vue américain, aussi réducteur sur une culture urbaine étrangère qui vaut largement mieux que ces ricanements sots. Ce n’est hélas qu’un détail dans un film où rien ne fonctionne.
Que ce soit l’idée grotesque de faire chanter le beau-père sur scène dans le plus simple appareil – sans doute née de l’intention de commenter avec humour certaines dérives de la culture officielle – ou la course involontaire à la célébrité qui répète Celebrity et qui anticipe mollement Superstar de Xavier Giannoli, Woody Allen ne trouve jamais le ton juste pour dire quoique ce soit de pertinent, et encore moins de pétillant, sur son rapport avec son nouveau pays hôte. Il emprunte certes quelques clichés à la comédie à l’italienne, lors de l’épisode du couple innocent qui perd sa naïveté dans les bras d’une prostituée ou d’une star du cinéma. Mais cette référence sonne presque aussi faux que le dispositif vaguement fantastique du vieux commentateur, qui met son jeune alter ego en garde contre les vicissitudes de la gente féminine.
Il ne nous arrive pas souvent de déconseiller un film de Woody Allen. Dans le cas présent, ce serait pourtant la meilleure chose à faire, face à un tel travail bâclé du début jusqu’à la fin !
Vu le 21 août 2012, au Racine Odéon, en VO