5 ans de réflexion

Réalisé par Nicholas Stoller (2012)

Comédie
5 ans de réflexion
Durée 125 minutes
Sortie 01/08/2012
Note 5/10

Le chef de cuisine Tom Solomon et la prof de sociologie Violet Barnes se connaissent depuis un an, quand ils décident de se marier. Mais le grand jour est sans cesse repoussé, soit à cause d’autres urgences familiales, soit parce que Tom suit Violet au fin fond du Michigan. Tandis qu’elle y accomplit un parcours universitaire exemplaire, son fiancé déprime face à une culture culinaire moins sophistiquée que ce qu’il avait connu à son travail précédent à San Francisco.

La critique

Par Tootpadu 23/07/2012

Les comédies estampillées Judd Apatow ne nous ont jamais fait éclater de rire. Peut-être la qualité douteuse de leur humour est-elle due au fait que, derrière l’écran de fumée d’une vulgarité gratuite, elles se contentent de colporter les mêmes recettes éculées que les comédies ordinaires. Contrairement au ton mordant et iconoclaste par lequel se distinguent les meilleurs efforts des frères Farrelly, l’objectif d’un film écrit, réalisé ou – comme dans le cas présent – produit par Judd Apatow n’est jamais de mettre en question le statu quo. Ses œuvres cinématographiques ont plutôt tendance à confirmer ce dernier, tout en se donnant une apparence subversive, en fin de compte de pacotille.
Le troisième film du réalisateur Nicholas Stoller ne déroge pas à cette règle, puisque le bonheur matrimonial du couple au cœur de l’intrigue de 5 ans de réflexion n’est à aucun moment sérieusement mis en doute. Les amoureux prendront juste plus de temps que d’habitude avant de pouvoir s’embrasser en tant que jeunes mariés. Leur affection mutuelle n’est que rarement en défaut. Et si jamais c’est le cas, quelques observations peu fines au cours desquelles on évoquera au choix la masturbation, la taille du sexe masculin, ou des séances érotiques qui vont au-delà des capacités sexuelles d’un trentenaire, prendront la relève pendant ce temps-là.
Tout cela est assez bénin, mais pas dépourvu de charme. Grâce à la durée pas anodine du film, on arrive même à s’attacher tant soit peu au sort des personnages, dont les failles sont bien entendu plus intéressantes que les idéaux romantiques et ringards. En tant que divertissement sans ambition démesurée, le film remplit donc convenablement son contrat, sans pour autant briller ni par la pureté de l’eau de rose qui coule à flots surtout à la fin, ni par un constat particulièrement éclairé sur l’état actuel du couple, plus réticent que jamais à un engagement durable.

Vu le 18 juillet 2012, à la Salle Pathé François 1er, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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