Inside
Réalisé par Andrés Baiz (2012)
| Durée | 96 minutes |
| Sortie | 04/07/2012 |
| Note | 6/10 |
Le chef d’orchestre Adrian Salamanca est inconsolable lorsqu’il apprend, par message vidéo interposé, que sa fiancée Belen l’a quitté. Il tente de noyer son chagrin d’amour en buvant un whisky après l’autre dans un bar. A la fermeture, la serveuse Fabiana a pitié de cette épave humaine et ramène Adrian chez elle. Dès lors, Adrian reprend espoir et se remet en couple avec cette jeune femme, qui croit enfin avoir tiré le gros lot. Mais la demeure luxueuse à la campagne qu’Adrian avait louée avec Belen et où Fabiana s’installera, cache un lourd secret.
La critique
Par Tootpadu 17/07/2012
Le doute – et l’appréhension, finalement infondée, de voir un énième exercice de style dans les histoires horrifiques contées à partir du point de vue subjectif de la caméra vidéo – s’installent dès les premiers plans de Inside. Le désarroi sentimental d’Adrian paraît sincère, mais en même temps, le contexte dans lequel il cherche à oublier ce rejet inexplicable laisse adroitement supposer une part d’ombre considérable chez ce beau ténébreux. Ensuite, le bonheur retrouvé avec Fabiana déborde de romantisme et de sensualité, là encore miné par une incertitude grandissante quant aux réelles motivations de ce bourreau des cœurs, peut-être plus machiavélique qu’il ne paraît.
Le grand retour en arrière au début du deuxième acte sert d’abord à montrer que l’épanouissement conjugal n’est pas quelque chose de nouveau pour ce musicien, qui s’est installé à la campagne afin de se laisser inspirer par son côté sauvage. L’attention narrative se porte progressivement sur Belen, comme pour mieux souligner qu’elle aussi s’était laissée séduire par Adrian, avant de disparaître dans des circonstances inquiétantes. Or, le retournement principal du scénario, infiniment plus malicieux que le huis-clos de Panic room de David Fincher, remet tout en question : la cause de la rupture, la fidélité abstraite et concrète du délaissé, et surtout l’aspect presque angélique ou tout au moins sympathique de Fabiana.
Une fois la monstruosité des personnages dévoilée, le scénario ne se permet pas l’ultime sursaut de vengeance, qui pourrait consister par exemple en une punition émasculante du coureur de jupons incorrigible. Ce n’est pas pour autant que la mise en scène manque de vigueur, puisque elle sait mener à bon port un récit guère avare en dispositifs éprouvés, qui regagnent pourtant ici une efficacité entièrement appréciable !
Vu le 16 juillet 2012, à l’UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 7, en VO