Mille mots
Réalisé par Brian Robbins (2012)
| Durée | 92 minutes |
| Sortie | 16/05/2012 |
| Note | 5/10 |
L’agent littéraire Jack McCallum est un beau parleur hors pair, qui adore le son de sa voix. Il croit que cette faculté de se tirer d’affaire sur le champ professionnel ou conjugal, grâce à la parole, lui donne tous les droits. Mais après avoir signé un contrat lucratif avec le gourou Sinja, il fait une drôle de découverte : un arbre a poussé comme par miracle sur la terrasse de sa maison luxueuse. Pour chaque mot qu’il profère, une feuille en tombera, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus et que Jack meure. Paniqué à l’idée de ne plus pouvoir communiquer, cet homme autrefois si bavard cherche par tous les moyens à rompre cette malédiction à l’issue fatale.
La critique
Par Tootpadu 12/05/2012
Jusque là, tout va bien, ou presque. L’humour d’Eddie Murphy est toujours aussi peu fin, mais il y persiste un certain côté bon enfant, qui permet de se divertir sans effets secondaires. Les choses dégénèrent par contre sérieusement, dès que le récit adopte un ton atrocement sirupeux, censé conférer un fond philosophique à l’aventure abracadabrante de cet homme, qui n’est plus en phase avec lui-même à force de courir après la manifestation narcissique de son succès. Le précepte qui incite à peser ses mots avant de dire une bêtise a déjà connu des représentations cinématographiques réussies, notamment au tout début de Pandora de Albert Lewin, à travers la citation d’un quatrain d’Omar Khayyam. Ici, il sert de prétexte à un message consensuel, qui est véhiculé d’une manière particulièrement indigeste par le biais de champs ensoleillés et de rencontres fantastiques, au potentiel larmoyant exploré sans retenue.
Eddie Murphy est un comédien accompli, soit, et nous sommes prêts à le suivre dans ses errements filmiques les plus pénibles. Ce film-ci n’en fait heureusement pas partie, mais le traitement pesant de son volet spirituel est clairement plus éprouvant que l’approche satirique adoptée autrefois par Mister G., à une époque où la carrière de sa vedette battait déjà tout autant de l’aile qu’elle ne le fait actuellement.
Vu le 3 mai 2012, à la Salle UIP, en VO